Messieurs les socialistes, réagissez !

Publié le par Hesnoone (de l'Equipe de Débattons !)

Je tiens aujourd'hui encore à vous faire partager un article du Figaro... Voici l'extrait qui nous intéresse :

Divisés, les principaux responsables préfèrent mener campagne chacun de leur côté. Cible des critiques, François Hollande leur a donné rendez-vous au lendemain des législatives. « Le PS ouvrira tous les débats sur toutes les questions celle de notre ligne politique, des formes de notre action, des structures permettant le rassemblement et bien sûr celle du leadership, dit-il. Rien ne sera occulté, rien ne sera différé. »

Qu'est-ce que cela signifie ?

Premièrement, les socialistes sont divisés. Ce qui n'étonnera guère ceux qui ont suivi la campagne au vu de la façon d'agir de la candidate socialiste (on retiendra tout particulièrement les quelques semaines précédant la désignation de ladite candidate).

Deuxièmement, et peut être le plus important : les socialistes une fois de plus refusent toute remise en question dans l'immédiat. En effet, même si Francois Hollande assure que "rien ne sera différé", il dit aussi que toutes ces discussions auront lieu... après les législatives. Compréhensible, certes, mais comment peut-on en âme et conscience voter pour un parti qui ne sait pas où il en est ?

On a vu que les socialistes refusaient de se remettre en question dans l'immédiat. Mais ils vont s'y attaquer tout de suite après les législatives nous promet M. Hollande. Petit retour en arrière : il me semble qu'en 2002, après le mémorable premier tour de l'élection présidentielle, les mots "remise en question" avaient été prononcés par les pontes socialistes. Qu'en est il advenu ? RIEN. Pour reprendre M. Chevènement (qui n'est pas particulièrement à droite...)

Depuis le 21 avril 2002, la gauche s'est tétanisée. Il n'y a pas eu de critique réfléchie des années 1997- 2002. Cette période est devenue taboue


Messieurs les socialistes, réagissez !

Il n'y a qu'en France où le Parti Socialiste en est resté au XIXeme siècle, avec ses concepts obsolètes de "luttes des classes" et la peur primaire du capitalisme ! (Mme Royal n'a-t-elle pas affirmé vouloir faire "peur au capitalisme" lors d'un déplacement en Réunionalors même que la très communiste Chine s'ouvre à l'économie de marché ?)

A quand un véritable parti "social-démocrate", ie une gauche moderne qui vit en phase avec son temps ?

Hesnoone.


Sources (dans l'ordre) :
http://www.lefigaro.fr/election-presidentielle-2007/
20070521.FIG000000378_hollande_reporte_le_debat_interne_au_ps.html

http://www.chevenement.fr/
Entretien-de-Jean-Pierre-Chevenement-a-Liberation-La-gauche-doit-savoir-ou-elle-habite-_a330.html

Publié dans Post-présidentielle

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Hesnoone 01/06/2007 15:41

J'ignorais totalement cette différence entre capitalisme et libéralisme ! Avec la définition que vous proposez dans votre article, le mot en accord avec ma pensée est bien "libéralisme". Je vais essayer de profiter de ce WE pour approfondir mes connaissances en ce domaine...

Aur鬩en Royer 30/05/2007 21:05

Nous nous retrouvons donc globalement sur ce sujet. J'ajouterais un bémol en distinguant capitalisme et libéralisme. Si vous cherchez sur mon blog, vous trouverez un article que j'ai intitulé (de mémoire) "Oui je suis libéral et européen" (quelque chose comme ça). J'y montrais la différence entre le libéralisme (comme son nom l'indique, c'est la doctrine qui accepte que les facteurs de production soient libres de bouger: le capital, la production du travail ET les hommes). Or, dans tous les partis politiques, on n'accepte la mobilité que d'un ou deux de ces facteurs (jamais les trois): être un vrai libéral, c'est accpeter les trois.

Or, ceux qui n'acceptent que les deux premiers sont des capitalistes: mobilité du capital et des outils de production pour encaisser les profits. Je ne trouve donc rien de bon dans le capitalisme, mais il y a sans doute de bonnes choses dans le libéralisme. La France doit vivre avec son temps: je suis parfaitement d'accord et je pense que vous auriez sans doute parler davantage de libéralisme que de capitalisme. Non?

Hesnoone 29/05/2007 14:43

Effectivement, le PS manquait d'un vrai leader. La question est de savoir si Mme Royal est un vrai leader ou juste quelqu'un maitrisant à la perfection les arcanes médiatiques.

Je suis relativement d'accord pour les militants (je dis relativement car ceux que je connais sont malheureusement plus proche de la LCR que du centre) mais nous ne votons pas pour des militants mais pour leurs dirigeants. Donc, pour un électeur "lambda", le PS se résume aux éléphants.

Derneir point que je soulèverai ici : que l'on soit d'accord ou non, nous vivons dans un monde capitaliste et le temps ou la France était une superpuissance est passé depuis fort longtemps. Nous ne pouvons plus imposer nos vues au monde, si tant est que cela a été possible un jour.

A nous de nous adapter et de tirer parti des "bonnes choses" du capitalisme (car il y'en a, j'en suis persuadé) au lieu de nous contenter de suivre en rechignant. Le monde est en perpétuel évolution et la Gauche doit le comprendre et cesser de ressasser les idées de Marx en disant souhaiter "faire peur au capitalisme" !

Pour conclure sur la rénovation de la gauche, je pense honnêtement que si j'étais britannique je serais plus tenté par le "Labour" que par les "Torries" (resp. leur "gauche" et leur "droite"). Donc oui, j'attends avec impatience que la gauche se rénove et vive en phase avec le monde moderne.

Un dernier détail : je suis relativement d'accord avec votre vision de la grille politique. Je dis relativement car, contrairement à vous, je refuse de considérer que le PC fait partie de la gauche et non de l'extrême gauche.


Hesnoone

Aur鬩en Royer 28/05/2007 16:44

Je rappelerais trois choses sur ce sujet:

1- le PS manquait, jusqu'à l'élection présidentielle, d'un vrai leader: je pense de Ségolène Royal peut mener la "rénovation" qui est dans toutes les bouches.

2- le PS, ce n'est pas que quelques "éléphants", c'est aussi des milliers de militants qui ont plus de lucidité, plus de volonté, moins de démagogie que leurs dirigeants.

3- il était impossible pour le PS de mener une refondation en six semaines: les législatives, sans être déjà perdues, sont mal engagées du fait de la défaite du 6 mai. Le travail de questionnement et de remise en cause devra se faire une fois la longue pause électorale refermée.

Je tiens toutefois à me joindre à votre enthousiasme: Nicolas Sarkozy a parfaitement réussi à rénover l'UMP, pour faire oublier le RPR de Chirac. Mais les chiraquiens ne l'ont guère aidé dans cette tâche: aujourd'hui, les dirigeants de l'UMP, qui n'ont pas tout accepté dans l'entreprise de Sarko, sont aux ordres derrière leur chef, se disputant pour savoir qui saura plaire le plus au président.

La France avait besoin d'une nouvelle droite (les Français l'ont largement confirmé le 6 mai), elle va avoir besoin d'une nouvelle gauche, et d'un centre (social-démocrate, comme vous dites) vraiment indépendant pour être en mesure de porter l'opposition aux mesures les plus injustes que le gouvernement va mettre en place bien assez tôt.

La grille politique va devoir être remodelée avec, de droite à gauche, le FN, l'UMP, le Nouveau centre (les ex-UDF qui sauvent leurs sièges), un parti social-démocrate (MoDem et l'aile droite du PS, PRG et Verts), un parti de gauche (aile gauche du PS, PCF, MRC) et un LO-LCR qui se contente de tout rejeter et de ne faire de la politique que dans les rues et sur les plateaux télé pendant les campagnes électorales.

Il faut espérer, pour la France, que cette opération de rénovation se fasse dans les cinq ans qui nous séparent de la prochaine présidentielle !! Même les supporters de Sarko doivent l'espérer... au risque d'être des "fachos" (considérant que leur parti détient toutes les réponses !)

rico 23/05/2007 10:37

La gauche aujourd'hui = guère de pouvoir

Rien de constructif, aucun débat, démagogie, etc... il est temps qu'ils s'en sortent afin de relever le niveau de la politique en France comme a si bien su le faire l'UMP et Nicolas Sarkozy.