Peur sur la France : une dictature se met en place le 17 juin !

Publié le par Buffalo (de l'Equipe de Débattons !)

             Un penseur a dit : 
Si vous voulez éviter qu'il y ait cette majorité écrasante que veulent avoir le gouvernement et le président de la République (...), si vous voulez qu'il y ait une politique qui puisse s'exprimer en contrepoint (...), alors il faut faire en sorte que la seule force présente pour jouer tout son rôle d'opposition ou davantage si elle est majoritaire, le PS, soit représentée à un niveau le plus élevé possible les 10 et 17 juin.

 
Ce grand penseur, ce grand visionnaire est bien sûr M. Hollande ! Cette citation met en exergue les deux principales caractéristiques de la campagne en vue des élections législatives que va mener l’opposition socialiste :
 
 
 
 
 
 
 
            Premier point, ils n’ont toujours pas de programme ! Une fois de plus, ils vont se borner à nous répéter que la droite, c’est mal, et que don ce serait bien de voter à gauche. C’est un peu court, pas très original, mais c’est socialiste ! Evidemment, il y a des variantes, et celle qu’ils rabâchent en ce moment est plutôt bien choisie (quoique) : pour éviter que la politique pour laquelle vous avez voté il y a trois semaines se réalisent, politique qui semble donc vous convenir, veuillez voter socialiste… C’est du grand art (ou du grand n’importe quoi !).
 
 
 
 
 
 
 
            Deuxième caractéristique : il faut un contre-pouvoir en France ! Cet argument ne semble pas totalement incongru, mais la conclusion qu’ils en tirent l’est. Voici donc ce que nous proposent M. Hollande, M. Fabius et cie :
 
     - on suit leur appel à l’aide, et ils obtiennent 115 députés au lieu de 105. Quelle victoire, quel contre-pouvoir efficace ! Vraiment, je pense que cela changera beaucoup de choses sur la politique qui sera menée !
 
     - on obéit encore mieux à leur consigne, et la majorité élue est une majorité de gauche. Eh bien alors, la gauche n’est plus un contre-pouvoir, mais le pouvoir ! Ils seraient responsables de la politique de la France en matière économique, sociale, dans les domaines de l’immigration, de la sécurité, de l’éducation. Seuls les domaines réservés du chef de l’Etat (défense, politique étrangère) dépendront de M. Sarkozy. Les Socialistes souhaitent-ils réellement une nouvelle cohabitation ?
 
De plus, il me paraît erroné de dire qu’il n’y a aucun contre pouvoir d’ores et déjà ; les médias sont libres et indépendants, et je n’ai vraiment pas l’impression que Canal + ou Le Canard enchaîné soient inféodés à « l’état UMP ». Et surtout, n’oublions pas que l’écrasante majorité des Conseils régionaux sont aux mains du Parti socialiste et de leurs alliés, et que depuis la loi sur la décentralisation voulue par Jean-Pierre Raffarin, ils disposent réellement de pouvoirs de décision !
 
 
 
 
 
 
 
            N’offrons pas à la gauche le plaisir d’être satisfaite d’elle-même au soir du 17 juin, au risque que comme à l’accoutumée, elle ne se remette pas en question, et de conserver ainsi une gauche archaïque et sans propositions !

Publié dans Législatives

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Buffalo (de l'Equipe de Débattons !) 03/06/2007 10:12

1. Je fais sans doute preuve d’hypocrisie, puisque comme vous l’indiquez les registres sont libres d’accès, mais cela m’a gêné d’apprendre que Mme Sarkozy n’a pas voté. Je considère que voter est un droit et un devoir. Tant que voter n’est pas une obligation écrite dans la loi (et je ne pense pas que ce serait une bonne chose), doit-on désigner un tel ou une telle parce qu’elle n’a pas voté ? 2. Excusez moi pour cette approximation un peu facile, qui n'est d'ailleurs même pas une approximation mais une coquille. Mon raisonnement tient quand même si on tient compte de votre précision lexicale, encore une foi de bon aloi.  3. Certes, mais à la lecture des articles du Monde, je n’ai pas l’impression qu’ils " roulent pour Sarko "

Aur鬩en Royer 02/06/2007 19:44

J'apporte trois nuances à cette réponse:1- c'est bien le vote dont on doit respecter le secret !! Mais les journalistes ayant accès aux registres du bureau de vote de Cécilia, ils ne peuvent que constater qu'elle s'est abstenue.2- je n'ai jamais parlé de "fascisme" concernant Nicolas Sarkozy mais de tendance à vouloir tout contrôler, ce qui n'est pas la définition du fascisme (=parti unique et volonté de construire un homme nouveau, reposant sur l'idée de race). Dictature n'est pas égale à fascisme: il existe bien d'autres idéologies qui font naître des dictateurs.3- à propos du Monde, il ne s'agit pas de l'avis de la rédaction du journal qui a été donné, mais de celle de son directeur de la rédaction qui s'exprimait en tant qu'éditorialiste !!

Buffalo 01/06/2007 16:54

Pas de problème, nous apprécions nous aussi de pouvoir débattre sans agressivité !  Je vais répondre à vos remarques : 1. Vous citez Le Monde, mais ce journal a justement, dans un édito paru quelques jours avant le premier tour (dans la dernière semaine en tout cas) conseillé de voter pour Mme Royal, en indiquant leur préférence pour un second tour M. Sarkozy/Mme Royal. Il est difficile d’en déduire un penchant envers M. Sarkozy…En ce qui concerne l’affaire du JDD, j’ignore s’il y a eu pressions ou non (j’ai vu le jour même de la fameuse affaire le directeur de ce journal sur l’antenne d’i-télé préciser qu’il n’avait pas donné son accord pour une parution de cet article car ils n’avaient pas pu joindre Mme Sarkozy en vue de lui permettre d’exposer sa vision des choses). En tout état de fait, je pense que c’est une bonne chose qu’il ait décidé de ne pas publier cette information. Le vote est secret, et doit le rester (sauf volonté explicite de l’électeur). Je ne considère pas l’information « Mme Sarkozy n’a pas voté » comme une information politique puisqu’elle n’entraîne aucune conséquence politique. 2. Nous sommes d’accord sur le bien-fondé des rencontres avec les syndicats. Pour ce qui est de la date limite, reconnaissons tout de même que la CGT notamment, ne se pressera pas d’entamer et de faire aboutir des négociations sur le service minimum ou autres réformes.Sur la régularisation des sans-papiers, je pense, mais c’est à vérifier, que M. Sarkozy avait donné un ordre de grandeur. Il avait fixé les conditions pour la régularisation, et avait estimé le nombre de ceux qui pourraient les remplir.Hesnoone m’a soufflé cette parole de Su Tzu « celui qui n’a pas d’objectifs ne risque pas de les atteindre ». 3. Pour les tendances fascistes de M. Sarkozy, vous évoquez sa personnalité. Il s’agit pour moi d’un procès d’intention. La gauche (la droite aussi d’ailleurs) française avait condamné la guerre préventive d’Irak, mais a attaqué préventivement le leader de l’UMP.Sinon, je pense comme vous que M. Sarkozy a plus de légitimité que M. Chirac, il suffit de comparer les chiffres, donc plus de responsabilité vis-à-vis de l’opinion. 4. Enfin, je pense tout comme vous que le meilleur candidat possible pour le PS aurait été M. Strauss Kahn. Aurait-il mis en difficulté M. Sarkozy, je l’ignore, mais le match, passez-moi l’expression, aurait sans doute été plus serréBuffalo

Aur鬩en Royer 30/05/2007 20:58

D'abord trois merci:
1- pour le débat de qualité que nous pouvons avoir sur nos sites respectifs. Enfin des personnes politisées qui parlent du fond (ou presque... voir suite)
2- pour le lien: j'apprécie la mention "centre-gauche" qui me convient d'autant mieux que je glisse progressivement de la gauche vers le centre.
3- pour les messages laissés sur mon blog, ce qui pourrait relancer un peu son audience: je peine à élargir le nombre des intervenants.

En ce qui concerne vos remarques:
1- je ne crois pas qu'en terme d'audience (à part les Guignols), Le Canard Enchaîné ou Libé fassent mieux que le Monde ou le Figaro, ou certains quotidiens régionaux qui, eux, sont aux mains des grands groupes contrôlés par des amis de Sarkozy. L'affaire du JDD n'est pas là pour me rassurer... même si nous tombons là dans les polémiques que je préfère interrompre. J'ai plus confiance dans l'hebdo Marianne, dont les ventes sont en train de décoller, et qui est un journal de très grande qualité qui, justement, propose des analyses très pertinentes sur le fond des dossiers !

2- concernant la méthode de Sarkozy telle qu'elle est au jour d'aujourd'hui: outre la proximité des législatives, je crois que l'absence de majorité écrasante serait plus sain. Je ne peux que me réjouir du fait qu'il consulte les syndicats (même si, à mon avis, ce n'est pas à lui de le faire) et qu'il continuera de la faire, après les législatives. Une seule chose m'embarasse: que Fillon fixe la date limite des négociations (alors que certains dossiers brûlants vont susciter des passions prévisibles qui pourraient compromettre de calendrier !). Ca me fait penser aux régularisations de sans papiers l'an dernier avec, avant le début des opérations, l'annonce d'un objectif chiffré...

3- l'idée d'un dictateur en herbe provient de la personnalité de celui qu'on soupçonne: Sarko a le profil mais pas Chirac... qui était bien trop modéré (j'aime beaucoup -pour sa pertinence- la phrase de FOG qui, dans un de ses derniers livres, parle d'un Mitterrand, dernier président de droite et d'un Chirac, premier président de gauche).
Enfin, le score de Chirac ne l'a en rien légitimé: le résultat ne pouvait être différent. Un président élu, dans des conditions normales (c'est à dire face à un adversaire qui peut l'emporter), avec un très fort taux de participation, est légitime: c'est le cas de Sarko !

4- Ségolène Royal voulait, comme Sarko (qui n'a pas attendu le soutien des chiraquiens pour se lancer dans la bataille !), incarner un renouvellement: les éléphants représentent un PS qui a échoué parce qu'il ne s'est pas remis en cause (c'est à eux qu'incombait ce travail de rénovation !). Enfin, je termine par un note plus consensuelle: je suis tout à fait d'accord pour condamner la diabolisation de Sarkozy par les socialistes. Vous commencez à connaître ma position sur le débat d'idées: le tort de Ségolène aura été de ne pas avoir réussi un travail de pédagogie auprès des électeurs pour leur prouver que son projet était meilleur (sur plusieurs de ses propositions, Sarko aurait pu être mis en difficulté par un personnage de l'intelligence de Strauss-Kahn, par exemple).

Hesnoone 29/05/2007 14:18

Je reconnais tout à fait que les militants PS ne sont pas tous à l'image de leurs dirigeants (heureusement !), vous en êtes d'ailleurs l'exemple en notant qu'elle n'est pas une grande oratrice (alors que Jack Lang avait défendu le famaeux "bravitude" par ex.).

J'ai en effet du mal à comprendre qu'on puisse penser qu'elle a été "formidable" lors du débat de l'entre-deux tours, ce qui est pourtant l'avis de nombreuses personnes... Passons.


Cependant, je ne suis pas tout à fait d'accord sur deux ou trois points...

Un détail pour commencer : "les fidèles sarkozystes contrôlant les médias"
Je pense pour ma part que c'est faux... En effet, nous le saurions si M. Sarkozy contrôlait, au hasard, Libération, le Canard ou les Guignols (qui ont un impact non négligeable...).

Deuxième point, sans doute le seul intéressant que je vais soulever dans ce post : vous dites que "il est malsain de voir qu'un seul parti, avec son chef à l'Elysée, va pouvoir tout faire sans avoir à négocier certains dossiers avec d'autres partenaires de la majorité".

Je pense au contraire qu'avoir une majorité écrasante obligerait le chef de l'Etat à négocier.

En effet, il semble tout faire pour enlever l'étiquette que la gauche lui à fabriquée de dictateur en herbe en donnant un ministère à M. Kouchner (et il ne s'agit pas du plus petit), en réunissant immédiatement les "partenaires sociaux", en affirmant qu'il préférait négocier plutôt que de faire passer en force le service minimum (ce que je pense qu'il pourrait très bien faire sans trop de dommages politiques, au contraire, tant qu'il est dans son "état de grâce").
Il est peut être un peu tôt pour le dire, mais pensez vous réellement qu'il changera du tout au tout dans 3 mois ? J'en doute.

Deuxièmement, en 2002 M. Chirac avait obtenu une avance confortable sur son rival, il était donc très fort (au sens de "légitimé"). Il disposait de plus de la majorité au sein des deux assemblées.
A-t-on eu un coup d'Etat ? Un régime dictatorial ? Il me semble plutôt que l'UMP n'a guère profité de sa majorité en repoussant plusieurs réformes...

Certes, M. Sarkozy n'est (heureusement) pas M. Chirac, mais je pense que le parallèle n'est pas totalement hors-propos et qu'une majorité forte l'obligera, du moins moralement, à négocier, ne serait-ce que parce que nous savons tous très bien, et lui le premier, que la gauche, qui a construit toute sa campagne sur la diabolisation du candidat de l'UMP (allant jusqu'à promettre des émeutes si mes souvenirs sont bons - quelle belle conception de la démocratie ! -), attend la première occasion pour l'accuser d'être "anti-démocrate", de vouloir être un futur dictateur.

Pour terminer, si Mme Royal n'a pas été aidée par les éléphants, c'est peut être aussi à cause de ses actions et de son caractère : après tout, elle les a volontairement écartés (pour faire semblant de les rappeler quand sa campagne connaissait un "trou d'air")





P.S.: Nous avont eu plus de chance au niveau du temps ;). Je me suis permis de metre un lien vers votre site...