La grande victoire idéologique de la gauche : le vote utile !

Publié le par Buffalo (de l'Equipe de Débattons !)

           La différence entre la part de vote socialiste dans le total des votes de gauche au premier tour de l’élection présidentielle de 2007 et celle de 2002 est frappante. En 2002, la gauche, au sens large, avait obtenu 42.89% des voix, dont M. Jospin 16.18%, ie 1 électeur de gauche sur 3 avait voté pour ce dernier, alors qu’en 2007, les scores étaient de 36.38% pour la gauche, dont 25.87% pour Mme Royal soit 7 sur 10 ! La peur de l’absence de la gauche au second tour, combinée au fameux vote utile expliquent en grande partie ce fait. (Le nombre de candidatures a moins chuté à gauche qu’à droite entre ces deux dates ; il est passé de 8 à 7 et est a donc eu un effet plus marginal que les deux autres causes ci-dessus exposées.)
 
 
 
            En fait, les Socialistes ont de toute façon une vision très simpliste de l’espace politique : ce qui est à leur droite est dangereux, ce qui est à leur gauche est inutile… Seul exception, M. Bayrou qui fut à la fois dangereux (« pire que Sarkozy ») et inutile. Enfin il ne le fut qu’avant les résultats du 1er tour, car après il devint M. Parfait !
 
            Dans les faits, on se rend compte que tout ça est de la théorie bien sûr, car votre vote, s’il se porte vers un autre parti de gauche que le PS, comptera beaucoup à leurs yeux, au second tour. On imagine sans peine que si M. Bayrou n’avait obtenu qu’un modeste 6% comme en 2002, l’entre-deux tours aurait été radicalement différent ; Mme Royal aurait remis un coup de barre à gauche.
 
            On peut donc s’amuser à faire tanguer le navire socialiste, jusqu’à ce qu’il chavire !
 
 
 
 
 
            Enfin, les responsables politiques qui prônent le vote utile montrent le mépris que leur inspirent ceux qui ne pensent pas exactement comme eux, mais s’ils font partie du même bord politique !



Buffalo

Publié dans Politique politicienne

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Buffalo (de l'Equipe de Débattons !) 02/06/2007 18:27

1,2. Je pense comme vous que la présidentialisation du régime serait une bonne chose. Cependant, je reste attaché au rôle du premier ministre qui consiste à aller au charbon. Je crois que le Président doit être tenu pour responsable de l’action gouvernementale, mais qu’un fusible premier ministre pourrait sortir de l’immobilisme (comme on l’a vu dans l’après Raffarin ou M. De Villepin a su relancer (en tout cas jusqu’au CPE) l’action du Gouvernement. Mais je pense que le premier ministre ne doit pas caché pour autant le Président. Je reconnais qu’il s’agit d’un équilibre plutôt précaire. Je vais lire votre article d’ici demain ; je n’ai pas encore eu le temps de le faire (http://jes6.over-blog.com/article-4759024.html) 3. Sous ses conditions, on peut en effet envisager la suppression du 49/3. Il faudrait auparavant obtenir un consensus sur ses deux mesures, ce qui ne sera pas évident, l’opposition (de gauche aujourd’hui, mais je crois que cela aurait été pareil avec une opposition de droite) risque de se plaindre d’une baisse d’influence. 4. Il existe déjà des conseils de ministres resserrés. Mais e continue de penser qu’un ministre doit avoir une vision d’ensemble de l’action menée par le gouvernement auquel il appartient.5. Accord total. Le Président ne doit pas s’installer dans une tour d’ivoire.  Buffalo

Aurélien Royer 02/06/2007 10:36

1- pour moi, le président doit gouverner: c'est ce que fait Sarkozy et cela me semble aller dans le bon sens. Mais dans ce cas, le premier ministre est inutile... ce qui n'était pas le cas sous Chirac. Ce que je veux donc dire, c'est que temps qu'il y aura un premier ministre, je préfère un président qui préside et qui laisse ce premier ministre gouverner.2- l'idée de supprimer le poste de premier ministre est motivé par une raison principale: je préfère un président qui gouverne et qui travaille directement avec les membres du gouvernement. Vous pouvez consulter une proposition plus complète que j'ai publié il y a quelques mois avec ce lien: http://jes6.over-blog.com/article-4759024.html je vous laisse lire aussi d'autres articles, dans la rubrique intitulée "Présidence de la République".3- en ce qui concerne les amendements, je dépore qu'on en arrive à de telles sotises (il faut voir parfois le contenu de ces amendements !)... mais des hommes politiques ont dejà fait des propositions, comme par exemple limiter le nombre d'amendements recevables de la part d'un groupe parlementaire au nombre d'articles que contient le loi concernée.4- la suppression du conseil des ministres dans sa forme actuelle est aussi souhaitable: je préfère que le président réunisse une fois par semaine un conseil DE ministres, rassemblant autour de la table ceux qui sont concernés par le (ou les) projets examinés ce jour-là; afin de laisser la possibilité à ceux qui ne sont pas concernés d'avoir le temps de silloner la France par exemple... car je pense que les ministres doivent aussi être assez régulièrement sur le terrain.5- le Président ne pourrait-il pas intervenir au moins une fois par mois, soit sur un plateau de télé, soit par une conférence de presse, plutôt que ne parler aux Français que deux fois par an?

Buffalo 01/06/2007 16:59

Je ne suis pas sûr de suivre totalement votre logique : vous déclarez préférer un président pour l’international, tel M. Chirac, plutôt qu’un super premier ministre tel que le sera a priori M. Sarkozy. Puis vous avancez l’idée qu’il faudrait supprimer le poste de premier ministre… Pourriez-vous me réexpliquez s’il vous plaît ?Pour l’Assemblée unique, je crains d’être toujours en désaccord avec vous. Par contre, pas d’opposition a priori sur la suppression du droit de dissolution. De toute manière, avec le quinquennat, son utilisation devrait être très faible. Concernant le 49-3, remarquons tout de même qu’il n’a été utilisé que lorsque la gauche avait déposé des milliers et de milliers d’amendements, ce qui représentaient plusieurs mois de débats pour une seule loi. Que doit-on faire dans des cas comme celui-là ? Passer un à un les amendements, quitte à stopper les autres projets de loi ? Cela parait inconcevable. Je ne suis pas favorable à la disparition du poste du premier ministre. Je pense que le chef de l’Etat devrait fixer le cap, pour les politiques intérieure et extérieure, et il revient au premier ministre de les mettre en application.Le Conseil des ministres sert à fixer la politique gouvernementale. Si vous le supprimer, où et comment les arbitrages se font ? (bien que le travail est pré-maché en coulisses) Comment la solidarité gouvernementale est-elle créée, si les Ministres ne sont pas officiellement au courant de ce que prépare un de leurs collègues, et ne peuvent ainsi donner leur avis ?BuffaloPS : Euhhh, on sait pas trop. Hesnoone m'a légué cette lourde responsabilité (lâche !). Qque chose comme "une droite avec laquelle on peut débattre" (car on s'y essaie) ou "vision de droite, débat pour tous" . Ou sinon, n'hésitez pas à mettre une description qui correspond à la vision que vous avez de notre blog

Aur鬩en Royer 30/05/2007 21:50

J'ai déjà participé au débat... mais j'ai oublié une petite question: si je mets un lien sur mon blog, comment voulez-vous que je vous décrive?

Aur鬩en Royer 30/05/2007 21:45

Trois nuances à votre propos, qui est -sur l'analyse des résultats- très juste:

1- il aurait été stupide de considérer M. Bayrou formidable avant le premier tour, car Mme Royal aurait alors perdu quelques voix qui se seraient accumulées chez le président de l'UDF qui serait devenu le vrai "vote utile" pour barrer la route à Sarkozy (excusez-moi de dire cela !).

2- le tangage du navire socialiste n'est pas dû à un certain opportunisme, comme vous le sous-entendez. Cela tient au fait que le PS soit scindé en deux ailes, dont l'une a l'avantage sur l'autre: l'aile droite (qui pourrait se rapprocher du MoDem) était incarnée par Mme Royal, l'aile gauche étant d'autant plus marginalisée que les partis à la gauche du PS ont été laminés.

3- l'existence d'un vote utile est inévitable à cause de notre système électoral où seuls les représentants des grands partis ont une réelle chance de l'emporter. Les électeurs y seraient moins sensibles (et donc les socialistes y auraient moins recours) si la proportionnelle était instituée. Non?