Le Parti Socialiste veut-il des responsabilités ?

Publié le par L'équipe de Débattons !

 
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J'ai entendu dire il y'a peu que M. Strauss Kahn déclaré qu'à titre personnel, il ne serait pas candidat à la présidence de la commission des Finances qui sera accordée, respect des promesses oblige, à un membre de l'opposition. Une des raisons qu'il avance est le fait qu'il a déjà par le passé présidé cette dite commission. Jusque là, il n'y a rien à dire. Seulement, il a rajouté peu après, et je rapporte ces propos de mémoire, qu'il faudrait se méfier de cette proposition qui pourrait être un piège tendu par M. Sarkozy, cette présidence serait alors vide de tout réel pouvoir.

 

            Hormis le fait qu'il s'agisse une fois de plus d'un procès d'intention qui ne repose sur rien de tangible, je trouve ce commentaire assez révélateur de l'état d'esprit du Parti Socialiste :

 

            - Tout d'abord, il faut éviter que quiconque à gauche ne « collabore avec l'ennemi ». On le voit avec ceux qui acceptent d'entrer en gouvernement, ces traîtres sans foi ni loi. Mais dans les cas ici exposé, il ne s'agit pas d'une quelconque connivence avec l'UMP.

           

            - De plus, imaginons que malgré tout, M. Strauss Kahn ait raison, et que la présidence de la commission des Finances se voit retiré tous ses pouvoirs. Il en restera toujours un : celui de démissionner ! Et une telle démission, si elle est légitime, aura du poids dans l'opinion, et sera une épine dans le pied de M. Sarkozy, qui devra s'expliquer : a-t-il réellement menti aux Français, en faisant semblant de donner un statut fort à l'opposition ?

           

            - Enfin, je vois mal, dans tous les cas, comment le PS peut ne serait-ce que songer à refuser cette présidence : les responsables socialistes ne cessent de répéter qu'ils veulent une opposition constructive, une opposition qui propose, que les idées de l'UMP sont dangereuses. Et la conclusion qu'ils en tirent serait de refuser une responsabilité de grande envergure ?!?!

 

 

 

Buffalo

Publié dans Politique politicienne

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Buffalo (de l'Equipe de Débattons !) 02/09/2007 18:52

Message reçu pour ma réduction du PS à DSK :)Je vois avec plaisir que ce cabinet fantôme vous amuse autant que moi :- ses membres sont inaudibles-ça ressemble un peu à ce qu'avait tenté de faire Mme Royal quand sa campagne patinait lorsqu'elle a parlé d'une direction de campagne collégiale réunissant tousles éléphants et qui n'a servi... à rien !Le message de l'ouverture est que l'on peut s'entendre sur crtains sujets, sur lesquels jusqu'à présent, on faisait parfois d'être en désaccord. Donc il n'était pas question de placer Kouchner à l'économie, car il y aurait eu là une véritable opposition interne au gouvernement ! (d'ailleurs, qui à gauche, en situation de la faire, aurait donné Bercy à Kouchner ??)

Aur鬩en Royer 27/06/2007 19:24

Ne réduisez pas le PS à DSK: le parti n'a pas l'intention de refuser cette présidence, puisqu'il a été décidé que Didier Migaud, spécialiste des questions budgétaires, occupera cette fonction. L'opposition a l'intention de jouer le rôle d'une opposition constructive, comme vous dites, puisqu'elle a décidé aujourd'hui de former un "cabinet fantôme" sur le modèle britannique, composé de 20 députés dont chacun a une responsabilité "sectorielle" qui lui permettra de rejeter (j'hésite à écrire un terme plus neutre !, comme "juger") les propositions du gouvernement tout en faisant une autre proposition. C'est magnifique, non?Pour être plus sérieux, même si je pense que ce fonctionnement, s'il ne se réduit pas à une opposition systématique, peut être utile, le cas de DSK ne me semble pas si symbolique: il a sans doute voulu répondre à une question selon laquelle "on" l'aurait bien vu à cette place... pour ce qui est des "traîtres", je suis d'accord avec vous. Le terme de "traîtres" est loin d'être approprié, mais il souligne la persistance, chez les politiciens plus que chez les électeurs, de cette barrière infranchissable qu'est la limite gauche-droite. Nous prouvons presque tous les jours que des personnes de sensibilités différentes peuvent dialoguer et se mettre parfois d'accord sur des sujets importants.Sarko a mis Kouchner aux affaires étrangères. Il ne l'aurait sans doute jamais mis à la cohésion sociale ou à l'économie !