Insultes à l'antenne !

Publié le par L'équipe de Débattons !

         « Cette salope !» C’est par cette exclamation qu’a choisi de s’exprimer M. Devedjian suite à l’énoncé du nom de Mme Anne-Marie Comparini…
 
 
        Dans un premier point, il est indiscutable que ces propos sont inacceptables dans la démocratie apaisée que nous appelons tous de nos vœux, surtout issus de la bouche d’un des deux dirigeants du parti majoritaire. Il ne sera pas question dans cet article de défendre M. Devedjian, ni de l’accabler, mais plutôt de réfléchir une nouvelle fois à la question de la place des femmes en politique.

            Transition étrange, n’est ce pas, de comparer une insulte proférée envers une femme politique et le machisme ambiant supposé dans lequel vit le monde politico-politique ? Pourtant, c’est le choix éditorial de la rédaction du 12h50 de M6, qui a annoncé ce dérapage en rappelant tout d’abord la proportion de députés femmes…  Je ne pense pas que cette insulte est la marque d’un homme phallocrate. Le mot choisi a évidemment une connotation bien à elle, mais c’est aussi le cas de « con », et personne ne dirait d’une femme qui emploie ce mot contre un homme d’être une féministe de la pire espèce. Passons !
 
            Chose étrange, le Parti Socialiste, parmi d’autres, s’était enorgueilli, sans doute avec raison, de la place faite lors des législatives aux femmes et aux membres de « minorités visibles ». Cette performance étant facilité par le faible nombre de sortants, donc de sortants hommes. Pourtant, lorsqu’on regarde de près la composition du gouvernement fantôme créé par les députés socialistes, on ne peut que remarquer que la quasi-totalité de ces membres sont des hommes d’origine européenne ! J’aurai pourtant juré, il y a quelques années, que l’ouverture en politique aux Français d’origine étrangère se ferait par la gauche, mais cette dernière a raté une occasion historique d’inscrire dans ses succès ce fait.
 
            Par contre, il fut étrange également d’entendre et de voir Mme Royal mettre en avant sa féminité lors de la campagne électorale. J’estime là aussi qu’elle a perdu une bien belle occasion de prouver que la compétence n’est pas une question de sexe, qu’une femme politique ou qu’un homme politique se valent, plutôt que d’affirmer sur le plateau d’i-télé courant mars, si ma mémoire est bonne, que voter pour elle parce qu’elle est une femme est une bonne raison !
 
            Les femmes vont devoir prendre la place qui leur est due, car les hommes n’abandonneront pas facilement leur prédominance. Mais pour cela, elles ne doivent pas exposer leur féminité comme une excuse (c’est dur, c’est un monde d’homme), ou comme une qualité. On n’élit pas quelqu’un qui est, mais quelqu’un qui fait.
 
 
Buffalo

Publié dans Politique politicienne

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Aur鬩en Royer 28/08/2007 15:15

Sur son blog, mon ami Jacques Heurtault, conseiller municipal de Nogent sur Marne, par ailleurs adhérent du MoDem, a fait une proposition que je m'empresse de relayer, parce qu'elle permet d'instaurer simplement la parité quasi intégrale.L'élection des députés se ferait en deux temps (sur mon blog, je proposais un premier scrutin, majoritaire, la même année que la présidentielle et un second, à la proportionnelle, à mi-mandat):1- le scrutin majoritaire se ferait dans le cadre de circonscriptions plus étendues que celles d'aujourd'hui (qui ne sont plus tout à fait adaptées, d'ailleurs): au lieu d'élire un député, les électeurs choisiraient un binôme composé d'un homme et d'une femme.2- quant au scrutin proportionnel, il se ferait à l'aide de liste alternant les noms d'hommes et de femmes, comme c'est le cas pour les élections régionales.La plupart des Internautes qui dialoguent sur le site de Jacques Heurtault sont d'accord avec cette proposition: le seul point qui pose problème est celui de la répartition des sièges. Une majorité voudrait que 25% des sièges soient répartis à la proportionnelle, de telle façon que les élections de mi-mandat ne provoquent que rarement un changement de majorité (leur but serait de sanctionner, soit la majorité, soit l'opposition, en en réduisant le poids au palais Bourbon).

Buffalo (de l'Equipe de Débattons !) 26/08/2007 19:47

Effectivement, aucune excuse n'est acceptable.Pourriez-vous expliquer grâce à quelle réforme du mode de scrutin cette différence pourrait s'estomper ? Buffalo (de l'Equipe de Débattons !)

Aur鬩en Royer 06/07/2007 11:14

Pour ce qui est de l'insulte de Devedjian, il n'a aucune excuse: "je croyais que c'était en off" ou "je répondais à la parole de mon interlocuteur" ne peut en rien excuser de tels propos. Je suis content de voir les réactions qu'ils ont suscité !!Bravo pour la transition !! Mais, surtout, bravo pour la conclusion qui me paraît excellente: je ne peux que souscrire à cette analyse. Il n'en demeure pas moins que le décalage entre la pays réel et le pays légal doit être réduit: les lois n'y changeront rien. Pour imposer la parité, qui est un besoin, il n'y a qu'une réforme du mode de scrutin qui peut l'imposer.