Mme Royal passe à l'attaque !

Publié le par Buffalo (de l'Equipe de Débattons !)

Dans une tribune dans le journal Le Monde, Mme Royal a vertement critiqué la politique étrangère du Gouvernement français.

Selon elle, M. Sarkozy a opéré une "succession de revirements" mettant en cause la "crédibilité" de la France. Elle évoque par exemple des changements d'opinion en ce qui concerne l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne et un changement de ton face au Hezbollah.
De plus, selon l'ex candidate socialiste, il souhaite "tirer la couverture à lui", quitte à horripiler nos voisin européens telle l'Allemagne.
Concernant le  nucléaire civil en Iran, elle parle de "provocation" ou "d'improvisation".
Enfin, selon elle, la politique étrangère voulue par M. Sarkozy est "l'atlantisme   " car seul le "rapprochement avec Washington donne à [sa] politique un semblant de cohérence".


Pour l'entrée de la Turquie en Europe, M. Sarkozy a en fait rappelé à de nombreuses reprises qu'il y était opposé "pour la bonne raison que la Turquie, c'est l'Asie mineure". Il a en revanche proposé d'instaurer un partenariat privilégié avec ce pays qui se situe aux portes de l'Europe. Je suis hostile à une Turquie en UE, pour des raisons un peu plus détaillées que celle avancée la plupart du temps par le Président de la République, et je ne me sens pas trahi sur ce point. Que la Turquie soit un partenaire de l'UE, voire un partenaire privilégié ne me pose aucun problème, et je ne vois pas clairement ou se situe le revirement de position.

Sur le point du Hezbollah, il est vrai qu'il y a une légère (? malheureusement non) incohérence entre ses propos pendant la campagne, lors de la visite de Mme Royal au Proche-Orient, et son action désormais (en tout cas, selon les dires de cette dernière, je n'ai pas vérifié, mais je ne pense pas qu'elle ai menti : "les principales forces politiques libanaises, dont le Hezbollah, sont invitées à dialoguer à La Celle-Saint-Cloud, dans la résidence du ministre des affaires étrangères. "Le Hezbollah est un acteur politique important au Liban. Il est l'une des composantes du dialogue national et, à ce titre, il est invité aux rencontres inter-libanaises", affirme ce jour-là le porte-parole de l'Elysée."

Il est vrai également que M. Sarkozy aime tirer la couverture à lui. Mais j'ai tendance à croire qu'en politique, il ne faut pas s'attendre à se faire accorder un poste, ou une reconnaissance médiatique. C'est à soi-même de se rendre indispensable et d'occuper l'espace.

Enfin, ce n'est pas parce que sur certains sujets nous sommes d'accord avec les Américains qu'il s'agit d'une américanisation de notre politique ou d'une soumission
. Il se trouve que sur l'Iran notamment, les positions françaises et américaines sont proches et me semblent juste. Pas question pour autant de les féliciter pour leur aventure irakienne, ou de les y rejoindre !

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Buffalo (de l'Equipe de Debattons !) 17/10/2007 09:52

Le problème est double cependant :Les Etats-Unis ont ils réellement envie d'ouvrir à l'ONU a porte de l'Irak ? Ce serait signer leur reconnaissance de défaite et d'erreur. Tant que les Républicains sont au pouvoir, cela me parait peu vraisemblable.Quant à l'Europe, et à la France en particulier, quel est leur désir de rejoindre réellement l'Irak, même dans le but et l'unique but de "remettre en route" le pays, tellement ça sent le bourbier ? L'opinion publique suivrait-elle ses dirigeants, s'ils avaient le courage d'y aller ?Je pense que nous n'avons pas fini d'entendre parler de l'Irak, des attentats qui s'y déroulent, de la population qui s'y meurent. 

Aurélien Royer 02/10/2007 09:44

Nos points de vue convergent donc à peu près... dans l'affaire irakienne, il est bien entendu que le temps est à la reconstruction matérielle, psychologique (en donnant à la police irakienne une vraie force) et politique (la solution en cours étant une vraie catastrophe !). Sans impliquer les Irakiens, cete reconstruction serait aussi vouée à l'échec.

Buffalo (de l'Equipe de Debattons !) 01/10/2007 22:44

Pour la Turquie, il s'agit d'une histoire à long, voire très long terme. Sarko doit -il aujourd'hui fermer une porte pour ce qui se passera dans dix ou quinze ans ? Honnêtement, à titre personnel, je l'aurai souhaité, seulement, le référendum prévu indique que les Français doivent être consultés pour toute nouvelle adhésion. Peut-on donc interrompre pour des raisons idéologiques un processus d'adhésion sans leur demander leur avis ?Pour le Hezbollah, il avait critiqué le fait que Mme Royal rencontre certains de leurs représentants.Mais nous sommes et les alliés, et les amis des Etats-Unis. Nous faisons partie de l'Otan, bien que nous ayons quitté son commandement. Ce n'est pas pour ça que nous devons être d'accord sur tout, et être solidaire d'eux en toute occasion, mais nous restons bien leurs alliés !Pour le reste :1/ Bien sur, sauf que pour le moment, l'AIEA n'a pas de résultats éclatants !2/ Dans ce cas, je suis d'accord, mais pour moi, il ne s'agirait pas de les rejoindre dans l'état actuel des choses, mais quelque part de réparer les dégâts, sans être sous commandement américain, et l'accord du peuple irakien pourrait être un prérequis

Aurélien Royer 01/10/2007 19:54

Je ne vais pas dire que je me situe à l'opposé de vos positions, car ce serait mentir... mais, je crois vraiment que la politique sarkozyenne, aux antipodes de celle menée par le couple Chirac-Villepin, n'est en effet pas la meilleure. Revenons sur ces différents points:- sur le dossier turc, Sarko ne s'est pas opposé à la pourusite des négoaictaions entre Bruxelles et Ankara, ce qui est plutôt sureprenant pour quelqu'un d'aussi hostile à l'entrée de la Turquie dans l'UE. Il aurait été plus logique de demander l'interruption de ce processus, et lancer une nouvelle procédure créant le fameux "partenariat privilégié" plutôt que de se cacher derrière la thèse du référendum obligatoire...- sur le problème du Hezbollah, j'avoue ne pas connaître l'ancienne position de Sarko sur la question. Mais, si une conférence réunissant les partis politiques libanais devait se tenir, il serait logique que ce mouvement, même s'il est considéré comme terroriste, y ait sa place, pour deux raisons principales: 1. il dispose d'une branche politique; 2. il reflète une large partie de l'opinion publique libanaise. Toute solution allant à l'encontre des peuples est, en diplomatie, mauvaise !- enfin, sur le problème de l'alignement sur Washington, je partage la première partie de votre analyse: ce n'est pas parce que nos points de vue convergent que l'on est un aligné... sauf que (tout de même), la France passe désormais davantage pour un allié que pour un ami des Etats-Unis. Ce qui contraire à notre tradition.- sur les deux dossiers que vous citez en exemple, j'ai une opinion différente de la vôtre. 1- pour ce qui est de l'Iran, il serait préférable de laisser faire l'AIEA qui a le dossier entre les mains, plutôt que chercher à toujours occuper l'espace diplomatique et attirer la lumière vers soi (comme ce fût fait dans le dossier libyen). 2- dans le dossier irakien, il n'est "pas question de les féliciter", d'accord ! Et de les rejoindre? Moi, je dirais "oui" car si la communauté internationale ne se mobilise pas, si l'ONU et/ou l'UE ne prend pas le relai, la situation n'est sans doute pas prête de se redresser !!