Rétro-éclairant (partie I)

Publié le par Buffalo (de l'Equipe de Débattons !)

Je me suis décidé dernièrement à revoir l'intégralité du fameux débat de l'entre-deux tours opposant Mme Royal et M. Sarkozy...
J'en ai fait un petit résumé et une petite analyse pour chaque morceau du débat (chacun d'entre deux dure approximativement dix minutes).
Le "style" de mes résumés est volontairement lâche. J'ai vraiment essayé d'être le plus objectif possible, et de ne rien occulter... A vous de voir !
Les guillemets n'indiquent pas une citation exacte, mais un feu nourri de ripostes, rapporté concisement en gardant l'esprit des paroles intact.


 



0'00 Accueil

2'20 Les journalistes posent leur première question : quel(le) président(e) serez-vous, si vous êtes élu(e) ?

Nicolas Sarkozy (NS) :

engagement sur des résultats
prendre ses responsabilités, des engagements
parler plus fréquemment aux Français
lettre de mission pour les Gouvernements
République irréprochable au niveau des nominations (vote majorité qualifiée commissions parlement)
limitation nombre mandats successifs

Ségolène Royal (SR) :

sortir la france de sa situation actuelle (dette, travailleurs pauvres, précarité, pouvoir d'achat, petites retraites (femmes), sécu, chomage, aggresions (interpelle NS tolérance zéro))
rendre des comptes sur le bilan (interpelle NS bilangouvernemental 2002-2007)

Réponse NS :

oui il en est en partie responsable
situation catastrophique en 2002 niveau insécurité
même appareil statistiques pour mesurer l'insécurité (97-2002 +18%,02-07 -10%)
Il faut résoudre la dette (qui dure depuis 25 ans)




Analyse : Ce sera souvent le cas lors de ce débat : NS présente ses idées de manière structurée, tandis que SR semble plus "fouillie", elle multiplie les exemples, si bien que l'on se perd dans ses démonstrations.
Elle lance les hostilités en rappelant les responsabilités de M. Sarkozy sur le bilan du quinquennat, celui l'assume et le défend.




 




0'00 NS :

comment faire pour cette dette ? -> des économies <-> départ 1/2 fonctionnaires
gain : moitié salaires, moitié dette
Etes vous d'accord ?

Rép SR :

"vous ne contestez donc pas ce bilan";
femme policière violée, tout près de son commissariat, deuxième fois en qques mois pourquoi aucune protection ?
proposition : femmes fonctionnaires raccompagnées à leur domicile si elles finissent tard;
non pas de diminution du nombre de fonctionnaires
s'il y avait plus de police, pas de viol femme policier
s'il y avait plus de fonctionnaires, pas fermeture classe, pas d'augmentation de l'échec scolaire;
s'il y avait plus d'infirmiere, pas diminution conditions de travail;
d'ailleurs, où retirez vous ces fonctionnaires ?
services publics efficaces -> compétitivité france
réforme décentralisation donc plus de doublons donc moins gapsillages car "chacun au clair sur ses responabilités"

5'24 Rép NS :
pourquoi groupe socialiste n'a pas voté les lois que l'augmentation du nombre de policiers ?
Rép SR :
pourquoi le commissariat promis à clichy pas ouvert ?
NS :
pourquoi pas vote ?
SR :
"parce que c'était pas suffisant sans doute"
NS :
(Commente proposition de SR)
résolution de la dette -> transfert aux régions
police : pas assez de fonctionnires, mais votede vote pour augmenter leur nombre
création d'une fonction publique pour fonctionnaires
SR :
"ca m'amuse pas ce crime abominable"
NS :
(Propose ses solutions)
Les gardes du corps ne sont pas une solution ; il faut réprimer plus durement.
délinquants sexuels : pourront plus sortir de prison sans traitement, sans pointer gendarmerie ttes les semaines
récidivistes : peines planchers
résoudre pb mineurs : réformer ordonnace pénal 45 (16-18 ans -> puni come majeur)
(car pour la victime, que le délinquant soit majeur ou mineur ne change rien)
nombre de fonctionnaires : retour au niveau 92
économie de postes : douaniers, formation professionnelle, impôts...



Analyse : Deux choses dans cet extrait, deux défauts de part et d'autre :
SR fait manifestement du populisme, en proposant le raccompagnement de chaque femme fonctionnaire à son domicile. Et dire qu'on accusait NS de promouvoir un "état policier" !
NS quant à lui, semble vouloir condamner le délinquant, qu'en fonction des dommages subies par la victime. C'est une vision un peu réductrice de la justice. Poussé à l'extrême, mais il ne l'a pas fait, ni à ce moment ni depuis, cela amènerait à supprimer les circonstances atténuantes, car pour la victime, elle ne changent rien.



 







0'00 NS :
35 : désorganisation à l'hôpital, cata pour l'éco fr
SR :
maintien petits hopitaux
Tout le personnel se réjouit des 35h à l'hôpital
création de poste hosto -> pas diminution niveau global de fonc
délinquance sexuelle : pas génétique ; pédophile pas relaché tant qu'une commission n'aura pas dit "non nocif"
aujourd'hui, ils sont relachés sans soins
récidivistes : pourquoi n'y a-t-il pas eu de loi pendant quatre ans
plus important : réponse au premier acte de délinquance
il n'y a pas eu de centre fermés de construits
-> encadrement militaire, centre éducatifs renforcés, peines adaptés au premier délit

dette : "je propose de relancer la croissance"
comment ? par un pacte avec entreprises
trois piliers : compétitivité (pas de fonds de pension, 63 milliard € aide qui pour le moment répartis sur ttes les entreprises, même cac 40), qualité dialogue social (cf pays du nord), levier écologique (des emplois à y conquérir)
si croissance sup à 2,5 pacte prédidentiel entièrement financé, tout ce qui sera au-dessus de 2,5 ira au remboursemenent de la dette

7'20 PPDA relance sur leur conception de la présidence de la république et sur le changement des institutions

NS :
"à évoquer rous les sjts en même tps, on risque de les survoler"
SR :
"laisser moi la responsabilité de mes prises de parole"
"tout se tient la dette, la relance éco"

NS :
"être précis n'est pas inutile"
(commente propositions de SR)
aucune piste d'économie pour dette
relance croissance aucun moyen, moi j'en ai un : valoriser travail
les pays qui ont le plein emploi n'appliquent pas les 35h
Zapatéro a dit qu'il ne ferait jamais les 35h
Allez vous généraliser les 35h
Je propose les heures supplémentaires.



Sur la sécurité, NS et SR ne sont décidemment pas d'accord. SR continue de critiquer l'action, et parfois la non-action gouvernementale sur ce sujet. NS se "venge" en l'attaquant sur le financement de son programme, notamment sur la manière qu'elle emploierait pour réduire la dette, ainsi que sur les 35h, sujet encore lourd au sein du Parti Socialiste. Il la critique aussi sur la forme, arguant du fait qu'elle n'est pas précise et un peu confuse.
Les journalistes n'interviennent que peu dans cette première demi-heure.


Bientôt, la demi-heure suivante...
Dites moi ce que vous pensez de cette passe d'arme, avec le recul !

Publié dans Post-présidentielle

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Jacques Heurtault 05/10/2007 23:40

Mais Ségo a finalement été battue! Tout le monde l'admet : c'est aussi Sarko qui a gagné le match, ce soit là. 

Roquettesyntaxe 05/10/2007 20:43

Bravo pour l'effort d'objectivité qui est si difficile à tenir surtout sur internet, moi-même je ne résiste pas de temps en temps à quelques bouffées de mauvaise foi populiste et le pire c'est que c'est ça qui sucite le plus de commentaire. Bref. Tout ceci pour apporter quelques éléments de l'ordre de la communication infraverbale qui ont marqué ce débat. Tout d'abord, Nicolas Sarkosy n'a pas osé regarder Ségolène Royal dans les yeux, notamment dans les moments ou il était en difficulté. Ce qui est indéniablement un mauvais point pour quelqu'un qui  veut regarder les français au fond des yeux. Secundo, il s'est retournée à plusieurs reprises vers PPDA comme pour le prendre à parti ou chercher son approbation ou une intervention de sa part qu'il n'avait pas le droit de fournir selon les règles du débat (les présentateurs n'ont en effet servi à rien). La encore c'est un signe comment dire... de refus du combat ou d'une faiblesse qui l'incite à peser sur les garants des règles du jeu. Ségolène Royal n'a pas fait un très bon débat au niveau réthorique mais elle s'est comportée de façon très habile au niveau infraverbal. Du moins n'ai-je rien remarqué.