Un mot chasse l'autre

Publié le par Buffalo (L'équipe de Débattons !)

article-SGE.GYD15.310707150020.photo00.photo.default-512x489.jpgCe week-end, c'est le mot "détail", utilisé par M. Fillon qui avait été au centre du débat politique, aujourd'hui, c'est autour du mot "dégueulasse" de faire son entrée sur scène... :


Fadela Amara, un des symboles de l'ouverture sarkozienne a donné ce matin une interview à France Inter :

"Je suis une femme libre, ne l'oubliez jamais. J'ai la possibilité de dire ce que j'ai à dire et, très franchement, le jour vraiment où ce sera trop insupportable, le jour où ce sera trop dur, eh bien je partirai !" a-t-elle déclaré, avant d'ajouter qu'elle trouvait "dégueulasse d'instrumentaliser l'immigration" avec les tests ADN dont on parle tant dernièrement.

Les réactions ne se sont bien sûr pas faites attendre :

M. Devedjean, secretaire général de l'UMP : "Ce n'est pas bien d'injurier les députés de la majorité, c'est-à-dire ceux qui soutiennent le gouvernement". Doit-elle pour autant quitter le gouvernement ? "Je ne dis pas ça, je dis que ce n'est pas bien"

M. Leonetti, vice-président du groupe UMP à l'Assemblée nationale : "elle fait partie du gouvernement donc il y a un minimum de solidarité, au moins dans les termes employés, vis-à-vis de ce qui est fait par le Parlement". Il reconnait toutefois le droit de ne pas être d'accord, de le dire, mais en mettant les formes.

M. Vallini, porte-parole de groupe PS à l'Assemblée nationale : Mme Amara "doit pousser la logique jusqu'au bout et démissionner si l'amendement Mariani n'est pas retiré".



Sans aller jusqu'au "un ministre, ça ferme sa gueule ; si ça veut l'ouvrir, ça démissionne" cher à M. Chevènement, on touche sur ce point une des limites de la fameuse "ouverture". Je suis gré au Président de la République d'avoir su bouger les lignes, tout en laissant une certaine liberté de parole au sein de son gouvernement pour ceux qui ne viennent pas de la droite UMP. Mais je pense que, de part et d'autre, une certaine retenue et une certaine solidarité gouvernementale doivent être maintenues. Ce n'est pas le rôle de Mme Amara d'être une opposante de l'intérieur. Un aiguillon, un élément perturbateur, soit, un opposant, non !
Je pense que c'est au chef de l'Etat, ou à son Premier Ministre de prendre une décision ferme : ou ils abondent dans son sens et retirent l'amendement Mariani, ou elle revient sur ses propos (sans aller jusqu'à défendre les tests ADN bien sûr, ce qui serait ridicule, mais en retirant le terme "dégueulasse"), ou en la démissionnant.
Laisser dire et ne rien faire serait ouvrir la boite de Pandore.

Publié dans Politique politicienne

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