Veux argent ! Veux argent !

Publié le par Buffalo (de l'Equipe de Débattons !)

Pour le moment, seuls les partis ayant obtenu 1% au minimum des suffrages exprimés aux législatives avaient droit à une part de la manne de 80 millions d'euros accordés par l'Etat. Cela a bien failli changer aujourd'hui :

En effet, le Nouveau Centre, soutenu en cela par le Gouvernement, avait déposé une proposition de loi permettant à tout parti disposant d'un minimum de quinze élus au sein de l'Assemblée Nationale d'entrer dans la répartition de cette somme, avec effet rétroactif pour les élections de juin.

La gauche et le MoDem se sont farouchement opposés à ce texte aujourd'hui, en multipliant les discours enragés et les habituels infantillages dans l'hémicycle : cris, gesticulations, tapages de pupitres... (cela est parfois plus distrayant que la lecture du journal ou qu'une bonne vieille sieste :).

Le PS a vu dans ce texte "une magouille", M. Bayrou "un texte honteux". Pour eux, l'objectif était de renvoyer la monnaie de leur pièces aux centristes ralliés à l'UMP, le "salaire de la trahison", selon l'ex-candidat.
M. Vallini, membre du PS, a même parlé "d'une manoeuvre destinée à nuire à François Bayrou".

Devant l'ampleur de la rebellion des députés, le Gouvernement a préféré repousser l'examen du texte, tout en affirmant ne pas y renoncer.



 
Que conclure de cette folle journée à l'Assemblée (hormis le fait que les députés sont des grands enfants) ?

1/ Bon, il est clair que cette proposition de loi, du fait de son caractère rétroactif, était évident un cadeau au Nouveau Centre ; cela montre que les mentalités n'ont pas encore totalement changées dans le milieu politique.

2/ En conséquence de quoi, l'opposition (pas d'objections dans l'assistance à classer M. Bayrou dans l'opposition ?) a eu raison de s'opposer à la mise en place en l'état de ce texte. Je dis bien en l'état, car après tout, et c'est un argument qui a été présenté par un représentant du Nouveau Centre, il n'est pas illégitime de se poser la question des conditions pour obtenir l'aide financière de l'Etat. Un parti qui aurait le 5% sans aucun élu aurait l'argent, un parti qui arrive à composer un groupe parlementaire, non !

C'est pourquoi je pense que l'opposition n'aurait du demander que le retrait de la clause de rétroactivité, et sans doute proposer quelques amendements et améliorations, mais sans doute pas un tel raffut. Néanmoins, le Gouvernement est lui encore plus coupable d'avoir soutenu ce texte en l'état, du moins, à mon sens.



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Publié dans Politique politicienne

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Aurélien Royer 29/10/2007 14:42

J'ai bien rigolé à la lecture du commentaire de Jacques Heurtault, qui est des plus pertinents : bravo, Jacques !! Pour ce qui est du projet, je crois que le dernier paragraphe de votre article résume assez bien ce qu'il faut penser de cette affaire: le financement des partis politiques peut être révisé... telle est la véritable question.Dans l'état, le texte présenté était en effet maladroit: un texte, rétroactif, qui ne pouvait bénéficier qu'au Nouveau Centre, parti présidé par Hervé Morin, lequel a présenté aux législatives son épouse, son chauffeur, son secrétaire... pose des questions. Une disposition sur mesure qui, en plus, discrédite la politique (on recherche l'argent plus que le bonheur des Français !).Par ailleurs, question représentativité, le MoDem de François Bayrou, qui n'a que quatre députés, à cause du mode de scrutin, me semble mérité davantage d'exister dans le paysage politique français, au regard des scores réalisés en avril dernier.

Jacques Heurtault 28/10/2007 19:02

Il semble que nous soyons d'accordsur la manière de répartir la manne financière qui permet aux mouvements politiques de vivre sans être tentés de rechercher des financements occultes.L'esprit nitial, c'est une certaine somme aux mouvements qui ont été capables de présenter des candidats en nombre suffisant (au moins 50 candidatures sur 30 départements différents, je crois) et, avec ces candidats, obtenir au moins 1% des voix... Cela parait assez bien équilibré.Encore faut-il que tous les participants soient en réelle compétition!Le Nouveau Centre, on le sait, n'est qu'un faux nez de l'UMP ... En effet, dans toutes les circonscriptions où il y avait des candidats UMP, il n'y avait pas de candidat Nouveau Centre et réciproquement, dans toutes les circonscriptions où il y avait un candidat Nouveau Centre, il n'y avait pas de candidat UMP ... L ficelle est un peu grosse. C'est même une corde!Pour couronner le tout, le Nouveau Centre n'a même pas été capable de maitriser l'outil! Il n'a pas respecté les contraintes initiales, à savoir au moins 50 candidats dans 30 départements différents sous la MÊME ETIQUETTE ... Faut tout de même pas pousser mémère dans les orties!Donc, que font-ils, au Nouveau Centre, face à leur bévue administrative? Ils déposent une proposition de loi avec l'aval du gouvernement disant en substance qu'il n'y a pas lieu de tenir compte de la loi en vigueur mais de la future loi  arrangée pour la circonstance! Il ne s'agit plus d'une corde mais de la chaine d'une ancre de porte-avions ...Donc ... retoqués! Et ce n'est que justice car tous ces candidats Nouveau Centre pouvaient, pour la clarté du débat démocratique, se présenter sous l'étiquette UMP et se faire rétrocéder leur part auprès de l'UMP! La loi ne l'interdit pas. Il n'est pas nécessaire d'être membre d'un parti politique pour se présenter sous l'étiquette de ce parti ... L'argent va au parti! Pas à l'élu ... C'est là qu le bât blesse.Au demeurant, quelle honte y a t-il à se présenter sous l'étiquette d'un grand parti, en l'occurrence le premier de tous par le nombre des voix qu'il rassemble? Aucune! Alors où est le problème!