Rétro-éclairant (partie III)

Publié le par Buffalo (de l'Equipe de Débattons !)

Je me suis décidé dernièrement à revoir l'intégralité du fameux débat de l'entre-deux tours opposant Mme Royal et M. Sarkozy...
J'en ai fait un petit résumé et une petite analyse pour chaque morceau du débat (chacun d'entre deux dure approximativement dix minutes).

Le "style" de mes résumés est volontairement lâche. J'ai vraiment essayé d'être le plus objectif possible, et de ne rien occulter... A vous de voir !
(Parties précédentes dans la rubrique post-présidentielle)


http://fr.youtube.com/watch?v=xr3WlavtW3o&feature=related

Nicolas Sarkozy
: Avec moi, les régimes spéciaux seront reformés, tout en respectant ceux qui y cotisent ; la question de la retraite à 37,5 années sera débattue.
Les petites retraites seront augmentées (de l'ordre de 25%), augmentation financée par l'abandon de ces régimes spéciaux. Cela concernera 3 millions de Français.
De même, les pensions de réversion seront revalorisées.
Je souhaite faire de la France un pays de propriétaires, en passant de 50 à 80% de foyers propriétaires de leur logement.
Pour se faire, dès l'été 2007, il y aura donc un crédit d'impôt sur l'impôt sur le revenu. De plus, pour faciliter l'emprunt, il y aura des possibilités de cautionnement public, mais il n'y aura plus de visites médicales, qui sont un "scandale".
Dans le domaine de la santé, il faudra instaurer un 5è risque, celui de la dépendance. Mise en place d'un plan Alzheimer. Le remboursement des prothèses dentaires et des lunettes sera amélioré.
 
Ségolène Royal : Et comment allez-vous financer ? Vous prévoyez une baisse de 4 points des prélèvements obligatoires, ce qui représente une baisse de 72 milliards d’euros des rentrées fiscales.
 
Nicolas Sarkozy : Non, 68 milliards.
 
Ségolène Royal : Donc il y aura moins de rentrée et plus de dépenses !
 
Nicolas Sarkozy : Voulez-vous que je vous réponde tout de suite ?
 
Ségolène Royal : « Non, non, je pose simplement la question… » (Par trois fois) NON !
Vous voulez financer les retraites par la réforme des régimes spéciaux ; cela va prendre du temps ! Moi, des les élections, je revaloriserai les petites retraites.
 
Nicolas Sarkozy : Comment ?
 
Ségolène Royal : Je vais vous le dire (x2)
Je mettrai plus d’argent dans le fond de réserve des retraites.
 
Nicolas Sarkozy : Et vous le prendrez où ?
 
Ségolène Royal : Par une taxe sur les revenus boursiers…
 
Nicolas Sarkozy : De quel montant cette taxe ?
 
Ségolène Royal : Eh bien, nous en discuterons ! Avec les partenaires sociaux.
 
Nicolas Sarkozy : Combien d’argent voulez-vous mettre sur le fond de réserve ?
 
Ségolène Royal : Je ne vous donne ici que le principe. Moi, au moins, j’ai une recette !
 
Nicolas Sarkozy : Le fond avait été prévu par M. Jospin pour accueillir 120 milliards d’euros. Il y en a 30, on en rajoute 6 par an. Combien rapportera votre taxe ?
 
Ségolène Royal : Autant qu’il le faudra !
 
Nicolas Sarkozy : Donc pas de chiffres ?
 
Ségolène Royal : Non, car cela dépendra de la croissance.
 
Nicolas Sarkozy : Ainsi vous proposez une taxe, sans dire aux Français combien elle leur coutera. On est tranquille pour notre régime de retraites comme cela !
 
Ségolène Royal : Oui on est tranquille, au moins, j'ai une recette !
Les petites retraites amènent à la pauvreté.  
Il faudra réformer l’indice des prix, qui n’est pas adapté aux personnes âgées. Beaucoup d’entre elles ne font qu’un repas par jour. La loi Fillon est injuste pour les femmes, car elle ne prend pas en compte les arrêts pour grossesse.
 
Nicolas Sarkozy : Garderez-vous la loi Fillon ?
 
Ségolène Royal : Je la remettrai à plat, ne serait-ce que pour ces injustices !
 
Nicolas Sarkozy : Vous voulez augmenter les retraites, mais ce qui a été fait pour assurer leur financement, vous le remettez à plat, vous le détruisez ?!
 
 Ségolène Royal : Non
 
Nicolas Sarkozy : Quand M. Hollande annonce une C.S.G.  pour payer les retraites, vous confirmez ou infirmez ?
 
Ségolène Royal : Puis-je finir le déroulement de ma pensée ? Oui, je remets à plat, mais sans détruire. Il y aura des discussions avec les partenaires sociaux à cause de ces injustices faites aux femmes.
 
Nicolas Sarkozy : Vous garderez donc le principe des 40 années de cotisation ?
 
Ségolène Royal : Cessez de m’interrompre ! Je veux une prise en compte de la pénibilité de certains travails, l’idée d’une retraite à la carte, avant ou après ces 40 années. Il y a une différence de 7 ans d’espérance de vie entre un cadre et un ouvrier, ils n’ont pas les mêmes conditions de travail.
Il faut avoir une vision globale du problème des retraites.
Les femmes par exemple, qui font le plus beau des métiers, qui élèvent leurs enfants, et qui ne sont pas reconnus !
Je souhaite discuter avec les partenaires sociaux.
La relance de la croissance permettra d’augmenter les retraites, et si cela ne suffit pas, oui, il y aura une taxe sur les revenus boursiers.
Pour la première fois, des jeunes sont inquiets pour leur retraite !




http://fr.youtube.com/watch?v=iFXtR2pUtdw&feature=related

Nicolas Sarkozy : Les retraites sont un sujet qui devrait faire consensus entre la droite et la gauche. C’est une grande question : comment finance-t-on nos retraites ?
Avec la loi Fillon, on passe d’abord à 40 années de cotisation puis à 41. On vit plus, on cotise plus, c’est simple !
 
Ségolène Royal : Non c’est injuste, il faut prendre en compte la pénibilité !
 
Nicolas Sarkozy : Elle est déjà prise en compte par la loi Fillon
Ca ne résout pas le problème. On vit plus longtemps, on travaille plus longtemps !
Êtes-vous d’accord ? Revenez-vous sur ce qui pérennise notre système ?
 
Ségolène Royal : Notre système n’est pas pérennisé !
 
Nicolas Sarkozy : Il l’est jusqu’en 2020.
 
Ségolène Royal : Toutes les branches de la Sécurité sociale sont en déficit !
 
Nicolas Sarkozy : C’est équilibré jusqu'à l'horizon 2020 ; vous voulez tout démolir…
 
Ségolène Royal : Non je veux remettre à plat.
 
Nicolas Sarkozy : Et les régimes spéciaux, vous les réformez ?
 
Ségolène Royal : Oui y compris le vôtre, celui des parlementaires !
 
Nicolas Sarkozy : Je ne suis pas parlementaire.
 
Ségolène Royal : Et vous ne l'avez pas été ?
 
Nicolas Sarkozy : Si, tout comme vous ! Pourquoi vous dites « le vôtre » ?
 
Ségolène Royal : Car vous n'en parlez jamais, je le ferai aussi !
 
Nicolas Sarkozy : Eh bien, je serai d'accord. Donc vous réformerez bien les régimes spéciaux ?
 
Ségolène Royal : Oui, cela a toujours été dit. Mais je le ferai sans crier haro !
 
Nicolas Sarkozy : Moi non plus. Le système actuel n’est pas très égalitaire, on peut le dire sans crier haro. Et l’idée de M. Hollande vous engage-t-elle ?
 
Ségolène Royal : Non. Ce n’est pas ma conception de décider de façon péremptoire et unilatérale comment on règle les problèmes.
Il y aura donc des réunions avec les partenaires sociaux.
 
Nicolas Sarkozy : Il n’est pas anormal que le chef de l'état est une idée de comment on finance les retraites…
 
Ségolène Royal : Je vous les ai données !
 
Nicolas Sarkozy : Sur votre taxe, on ne sait rien. Vous remettez à plat la loi Fillon, vous promettez de grandes discussions… Il faut que cela débouche sur quelque chose ! Avec moi, ça sera financé…
 
Ségolène Royal : Avec quelle cotisation ?
 
Nicolas Sarkozy : Mais je ne remets pas la loi Fillon en doute ; il y a trois solutions : baisse des retraites, hausse des cotisations, hausse de la durée de cotisation. La loi Fillon a choisi cette dernière.
Je la garde, je n’ai donc pas besoin de recettes supplémentaires !
 
Ségolène Royal : Je ne les démonte pas, je les remets à plat, en mettant fin aux injustices. Je propose une retraite à la carte.
Je regarde ensuite quels sont les besoins de financement, mais je regarde aussi la relance de la croissance
 
Patrick Poivre d’Arvor, Arlette Chabot : Et en ce qui concerne les baisses d’impôt ?
 
Nicolas Sarkozy : Cela n’est pas un problème idéologique. Il s’agit de pragmatisme et de bon sens. Nous sommes le pays d’Europe aux impôts les plus élevés. On a 68 milliards d’impôts de plus que la moyenne européenne. On pays trop d’impôt, le travail et le capital s’en va. La croissance baisse.
Nous sommes dans un environnement concurrentiel donc nous ne devons pas avoir d'impôts plus lourds pour les entreprises et les contribuables que chez nos voisins. L’état doit réduire son train de vie. Il faut instaurer une taxe à l’importation pour financer notre protection sociale.
Il faut aussi ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux au moment des départs à la retraite. Il faut supprimer certains organismes qui ne sont guères utiles. Je souhaite une évaluation de toutes les politiques publiques.
 
Ségolène Royal : Quel dommage que vous n'avez pas fait ça pendant 5 ans !
L’évaluation des politiques publiques est faite par le Parlement normalement…
 
Nicolas Sarkozy: J’ai proposé d’offrir la Présidence de la Commission des Finances à l'opposition.
 
Ségolène Royal : Il s’agit d’une idée qui est dans le pacte présidentiel. Pourquoi ne pas l’avoir fait ces cinq dernières années. Il y a un problème de crédibilité, là !
 
Nicolas Sarkozy : C'est à moi que vous dites ça !
Ségolène Royal : Vous êtes passés en force avec le 49-3…
 
 
Analyse : Il y a eu on l’a vu un grand débat sur la question du financement des retraites. Notamment sur les rentrées fiscales nécessaires à une hausse des pensions. Je trouve plus qu’illogique que Mme Royal déclare que les partenaires sociaux, CGT, Medef et autres, doivent discuter du montant d’une taxe éventuelle touchant les revenus boursiers. Je pensais sans doute naïvement que les syndicats devaient défendre les droits de leurs adhérents, patrons ou employés… Alors le rapport avec les revenus boursiers, je ne le vois pas trop. De même elle évoque une « remiseà plat » de la loi Fillon sans trop préciser quelles seraient les évolutions qu’elles souhaiteraient, en compagnie des représentants syndicaux, mettre en place, hormis une considération accrue pour les femmes qui prennent des congés pour élever leurs enfants.
M. Sarkozy de son côté nous assure que le régime actuel est pérennisé « jusqu’en 2020 », ce qui est faux d’après ce que j’avais entendu par la suite (1).
Inquiétant aussi, pour moi, cette attaque de Mme Royal envers le régime supposé de parlementaire de son adversaire. Que ce régime soit à réformer, nous le pensons tous je pense, mais après qu’elle reproche implicitement à M. Sarkozy de monter les salariés du privé contre les bénéficiaires de régimes spéciaux, après qu’elle méprise ouvertement quelques minutes plus tôt le Medef, voilà qu’elle tente de monter les citoyens contre leur élus ! Dans une autre vie, elle aurait pu être poujadiste !
 
 
 
(1)   Désolé, je en peux faire des recherches actuellement, car j’ai chez moi, où je suis revenu pour les vacances, une connexion internet qui me désespère et que j’exploite donc au minimum !

Publié dans Post-présidentielle

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