Vacances en Egypte

Publié le par Buffalo (L'Equipe de Débattons !)

Juste quelques lignes pour commenter la polémique qui fait suite aux vacances présidentielles...

1/ Soit l'on considère que le président en exercice n'a pas le droit de recevoir le moindre cadeau de qui que ce soit, qu'il provienne de sa mère, ou qu'il provienne d'un patron. Je pense que cette position est trop extrême.
Si un voisin de Neuilly prêtait sa voiture à M. Sarkozy, cela ferait-il tant jaser ? Ou alors, existe-t-il des limites financières à la richesse d'un ami, ou à la valeur de son cadeau, qui fixent la frontière entre la décence et l'indécence ?

2/ Vaut-il mieux que l'Etat prenne en charge les vacances du Président ? Je ne le pense pas, vu les polémiques qui courent depuis toujours sur les coûts de fonctionnement de l'Elysée.

3/ Remarquons aussi que le fait que la famille d'un ex-premier ministre étranger offre le gîte à un ancien Président de la Républqiue française depuis désormais 8 mois a beaucoup moins fait réagir que le prêt de cet avion... "On" s'interroge beaucoup moins fortement sur toutes les éventuelles compromissions qui ont pu exister durant ces douze dernières années entre la famille Harriri et M. Chirac !

4/ Notons quand même que, désormais, toutes les décisions qui pourront avoir un impact sur les affaires de M. Bolloré seront suivies à la loupe. Ceci est à la fois une bonne chose et une mauvaise chose :
une bonne chose, car cela n'est possible que grâce à l'effort de transparence élyséen sur ces fameuses vacances et leur financement, transparence qui n'a pas toujours été au rendez-vosu au sommet de l'Etat. Mauvaise chose, car toute décision pourra être interprêté soit comme un cadeau "en retour", soit comme un geste visant à démontrer l'impartialité du pouvoir, si cette décision ne favorise pas M. Bolloré. Arriverons nous à extérioriser, et à réfléchir au niveau de l'intérêt collectif ?

Publié dans Politique politicienne

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Buffalo (de l'Equipe de Débattons !) 02/01/2008 11:25

j'ai regardé vite fait sur wikipédia, mais il ne parle encore que du prêt du yacht..."Durant la semaine du 7 mai 2007, un jet privé de Vincent Bolloré, un Falcon 900EX (immatriculé F-HBOL), a transporté à ses frais le nouveau président de la République française, élu le dimanche 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy et certains de ses proches en direction de Malte, pour qu'il y passe trois jours de vacances sur le yacht privé de 60 m de Vincent Bolloré, le Paloma[5]. " (article sur Bolloré de wiki)Donc apparemment, c'est bien Bolloré, l'homme et non pas Bolloré le groupe, qui a casqué en mai, donc sans doute en décembre également.

Aurélien Royer 02/01/2008 09:55

Belle démonstration, Jacques ! Cette affaire montre, encore une fois, que le statut du président de la République mériterait d'être réformé et modernisé. Qui, mieux que le président de la rupture, pour le réaliser?

Buffalo (de l'Equipe de Débattons !) 31/12/2007 11:55

Il faudrait donc vérifier ce point, qui change, en effet, pas mal de chsoes !

Jacques Heurtault 31/12/2007 10:57

Cette question pose deux problèmes :1. Est-ce bien Monsieur Bolloré en personne qui met son avion personnel à la disposition d'une personne privée? Si c'est le cas, il n'y a rien à y redire ...2. Il est plus vraisemblable que c'est l'une des entreprises du Groupe Bolloré qui transporte gratuitement une personne privée sans rapport avec l'activité de cette entrepise ... C'est alors un DELIT d'abus de bien social. Le bénéficiaire commet alors, lui aussi, un délit, le RECEL d'abus de bien social. Ceux qui ont participé à ce recel commettent le DELIT de complicité de recel d'abus de bien social ...3. Le Groupe Bolloré percevra-t-il, d'une manière ou d'une autre, une contrepartie? Si c'est le cas, on pourra alors invoquer le DELIT de corruption passive pour le bénéficiaire initial (la personne transportée) et de corruption active pour le propriétaire de l'avion. Si l'auteur de la corruption passive est agent public, les peines en seront agravées ... conformément au Code Pénal de la République Française. Toutefois, il faudra attendre que cesse l'immunité dont bénéficie, constitutionnellement, cet agent public.