Tribune libre : combien pour le livret A ?

Publié le par Buffalo (de l'Equipe de Débattons !)

Nous remercions Aurélien Royer, du blog jes6, de relancer de bien belle manière grâce à cet article tiré du numéro du 26 janvier de Marianne notre rubrique Tribune libre qui se mourrait quelque peu.
Je vous laisse avec la lecture de cet article sur le revalorisation du taux du livret A :



 

" Il y a deux manières de transgresser des règles établies: ne pas les respecter, ou les changer sous des prétextes inavouables. Dans l'affaire du livret A, le gouvernement a choisi la seconde manière, qui n'est pas forcément la plus élégante. De quoi s'agit-il? En 2003, l'actuelle majorité avait expliqué qu'il fallait en finir avec les variations du livret A augré du vent politique, et que la seule solution était de mettre au point un calcul applicable en toutes circonstances. C'était une très bonne initiative. En fonction de ce nouveau mode de calcul, le taux du livret A aurait dû passer à 4% en février, 3% à l'heure actuelle. Au lieu d'expliquer le principe mis au point, le gouvernement a invoqué des "circonstances exceptionnelles". résultat: le taux du livret A grimpera à 3,5% et pas davantage, ce qui est une forme de hold-up sur l'épargne populaire.

Pour sa défense, le gouvernement explique:

- qu'il ne veut pas trop décourager la consommation en favorisant l'épargne;

- qu'une trop forte hausse du livret A pénaliserait la construction de logements sociaux, auquel participe ce produit d'épargne défiscalisé détenu par 45 millions de Français. En vertu de quoi les "Français d'en bas", comme disait naguère Jean-Pierre Raffarin, seront frappés deux fois: comme consommateurs (à cause d'un pouvoir d'achat en berne) et comme épargnants (en raison du hold-up susit).

Quant au logement social, il a bon dos. En vérité, le gouvernement a cédé au lobby des banques, qui veulent pouvoir continuer à attirer le gros de l'épargne vers l'assurance vie. Mais peu importe l'argumentaire, lequel peut toujours se discuter sur le plan technique. Reste un gouvernement qui viole ses propres règles. Si l'on devait généraliser un tel raisonnement, aucune loi ne serait viable. En bon français, cela s'appelle une leçon d'instruction incivique ".

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