Premier tour et conséquences...

Publié le par Buffalo (de l'Equipe de Débattons !)

Et le voilà passer, le premier vote de l'ère sarkozienne ! Il s'agit d'un premeir tour, donc il faut en tirer des conclusions avec précaution, mais que peut-on en dire ?

- Histoire de satisfaire ma petite lubie personnelle, avant même d'évoquer les résultats, condamnons les propos tels que ceux réclamant un "vote sanction" pour la droite au second tour (expression utilisée par M. Hollande et Mme Royal pour sûr, mais il y en a eu sûrement d'autres !).

- Ceci étant dit, ma première impression est le nombre impressionnant d'élections ou de réelections dès ce premier tour : Ayrault à Nantes, Colomb à Lyon (presque), Rebsammen à Dijon pour la gauche, liste non exhaustive, ainsi que pour la droite Juppé à Bordeaux, et beaucoup de membres de Gouvernement (Borloo, Wauquiez, Bertrand notamment. Ce dernier fait est mine de rien très intéressant, puique lors des municipales de 2001, ainsi que lors des régionales de 2004, beaucoup de membres des gouvernements respectifs avaient échoué.
De plus, de part et d'autre, nombreux sont ceux qui ont frôlé la barre des 50%. Signe que les Français sont souvent plutôt satisfaits de leurs maires dans leurs grandes villes.


- La gauche regagne des villes par rapport à 2001, mais pas au niveau parfois annoncé par les sondages. Strasbourg sera perdu, Toulouse et Marseille sont limites pour la doite. Ce phénomène est dû à la conjonction de plusieurs causes : élections nettement favorables à la droite en 2001 (hormis Paris et Lyon), et donc la marge de progression de la gauche est plus importante cette année, boboïsation des centres-villes, ainsi qu'un contexte national défavorable à la droite.

- Pourtant, la gauche n'est pas montée aussi haut que l'on peut le croire : les listes de gauche auraient remporté un peu plus de 47% des voix, contre 45% pour celles se déclarant de la majorité (1). Il serait donc intéressant de regarder de plus près les résultats dans les villes moyennes et petites, où la droite a dû plus que résister. Le scrutin n'a donc pas été aussi nationalisé, les Français étant sans doute plus responsables que l'auraient souhaité l'opposition.

- Des chiffres dont on parle peu, parallèlement aux faibles scores du Front National, sont les bons résultats des listes de la Ligue Communiste Révolutionnaire, principalement dans les villes moyennes à grandes : Clermont-Ferrand (13,8 %), Foix (10,8 %) ou encore, entre autres, Brest (8,9 %) (2). On a vu monter M. Besancenot dans les sondages de popularité depuis l'automne, voilà cela conforté par les urnes. Pour le moment, les candidats d'extrême-gauche se reportent systématiquement pour "contrer la droite". Si ces scores à deux chiffres comme ceux-ci se confirmaient, cette stratégie pourrait évoluer, et le PS aurait une belle épine au pied.
Ceci est d'autant plus vrai que le Parti Communiste a repris des villes, parfois dès le premier tour, et a fait plutôt bonne figure lorsque des primaires avaient lieu à gauche lors de ce premeir tour face aux listes PS.

- Le MoDem ne devrait pas avoir de grandes villes à son actif - même Pau parait pas inaccessible mais compliqué pour M. Bayrou - mais va jouer un rôle crucial pendant cette semaine d'entre-deux tours, comme lors de la dernière présidentielle. Cette situation particulière de ce parti, rarement en tête, toujours au coeur des entre-deux tours, risque de se poursuivre jusqu'à l'échec ou le succès de son chef en 2012, hors éclatement du PS.



Source :
(1) http://www.lefigaro.fr/elections-municipales-2008/2008/03/09/01019-20080309ARTFIG00162--h-fermeture-des-premiers-bureaux-de-vote-.php
(2)
http://www.lemonde.fr/municipales-cantonales/article/2008/03/10/percee-inattendue-de-la-lcr-dans-des-villes-moyennes_1020744_987706.html#ens_id=996336

 

Publié dans Municipales 2008

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Buffalo (de l Equipe de Debattons !) 23/03/2008 13:58

L'enjeu est local, le vote fut national. Ce sont les électeurs qui ont décidé de donner une ampleur natioanle à leur vote.Je ne critique pas le PS lorsqu'il tire des conclusions de cette élection et de sa victoire. J'ai sans doute critiqué les conclusions qu'ils en tiraient, mais pas le fait qu'il en tire, et-ce au niveau national (au contraire de ses appels répétés à voter "nationalement", que je me suis efforcé de critiquer tout au long de cette campagne, et que je continuerai à faire si besoin est dans le futur).Donc que le vote ai été nationalisé, oui sans conteste, mais ce n'était pas au PS de le nationaliser.

Aurélien Royer 23/03/2008 11:19

- est-ce la réélection des maires sortants qui t'intéresse, ou la victoire de ministres? De ta réponse découlera le caractère local ou national du scrutin...- quand les ministres de Jospin perdent en 2001, c'est le signe d'un vote nationalisé. Quant les ministres de Fillon gagnent en 2008, ce ne serait pas le signe d'un vote en partie nationalisé?- sur le reste, j'en ai parlé dans d'autres articles.