Vote sanction... ou non ?

Publié le par Buffalo ( de l'Equipe de Débattons !)

"Ces élections municipales ont eu un très faible taux de participation", soit 66,54%, le plus faible pour le premier tour de ce type de scrutin depuis 1959. Les élections municipales qui sont utilisées par nos concitoyens pour envoyer des signes de sanction très fortes au gouvernement se traduisent en général par un taux de participation extrêmement élevé." Et de citer l'exemple des municipales de 1983, qui marquèrent une déroute de la gauche alors au pouvoir.
"Visiblement ce n'est donc absolument pas la démarche qui a été la démarche des électeurs."
Cependant, "d'un poi
nt de vue de la démocratie, il n'y a pas de quoi se réjouir."

 

M. Laurent Wauquiez, porte-parole du Gouvernement, résumant des propos du Président de la République, lors du Conseil des Ministres de ce mercredi.


"Quand j'entends le président de la République dire en Conseil des ministres qu'il n'y a pas de vote sanction, parce qu'il y a beaucoup d'abstentions, je dis qu'il appelle à l'abstention pour essayer de vider de son contenu le sens des élections municipales.
Nicolas Sarkozy nous dit finalement que cette élection n'est qu'une péripétie, elle ne vaut rien parce qu'il y a beaucoup d'abstentions, il n'a pas compris la leçon du premier tour et donc il faut refaire la leçon."
Il faut donc "renforcer, approfondir, et élargir le vote sanction".
Mme Ségolène Royal, candidate probable au poste de Premier secrétaire du Parti Socialiste.



Dans un premier temps, remarquons tout d'abord que non, M. Sarkozy n'appelle pas à l'abstention comme le déclare Mme Royal, puisque M. Wauquiez indique que selon lui, "d'un point de vue de la démocratie, il n'y a pas de quoi se réjouir".
De plus, il est assez ironique que ce soit celle qui demande le plus aux électeurs de voter pour d'autres raisons que l'élection de leur conseillers municipaux qui regrette que d'autres vident de son contenu ces élections !

Alors vote sanction ou non ?
Il parait évident que la faible populatité du Président de la République n'a pas aidé les candidats de droite lorsque la bataille était serrée au premier tour.
Cependant, il n'est pas totalement faux de constater que cette abstention plutôt élevée n'est pas symptomatique d'un vote sanction. Regardons les chiffres des régionales. Depuis 1986, l'abstention augmentait de 10 points à chaque élection, passant de 25 à 45 % en 1998... sauf en 2004, claque pour la droite, où elle retombe à 35 % (1)!
Il semble donc bien, qu'en tout cas, les citoyens ne se sont pas mobilisés dans le but de sanctionner le Gouvernement.
Ajoutons à cela que 120 députés UMP ont été élus ou ré-élus dès le premier tour, soit la moitié de ceux qui se sont présentés (Chiffres donnés par M. Copé, Président du groupe UMP à l'Aseemblé nationale).
Que la droite perde ces élections, en grande partie parce que son électorat s'est moins mobilisé certes, que le peuple de France se soit levé pour remettre à sa place l'Elysée, non !
Qu'en pensez-vous ?




(1) Chiffres issus de http://fr.wikipedia.org/wiki/Abstention_en_France.
Remarque : les élections de 1983 ne semblent pas si caractéristiques de ce que voulaient démontrer M. Wauquiez puisqu'elles ne dénotent qu'un recul de l'abstention... de un point par rapport aux municipales précédentes.

Publié dans Municipales 2008

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Buffalo (de l Equipe de Debattons !) 24/03/2008 18:36

Disons que c'est très complexe d'être s^r à 100% d'un résultat électoral, encore plus lorsqu'il est local.J'aurais tendance à penser que ce sont de bons maires/candidats qui ont été élus MALGRE leur appartenance au gouvernement.Voilà pourquoi je pense que ce derneir n'est pas à ce point rejeté que semble le pense les socialistes. (cf nombreuses défaites de ministres du Jospin en 2001)Effectivement, pour le scrutin européen, le vote se faisant par liste et dc par parti politique, il a un caractère national.Je suis allé un peu vite e, besogne

Aurélien Royer 23/03/2008 14:23

S'agit-il du non rejet des ministres ou de non rejet de bons maires/candidats? Ta réponse laisse penser que les électeurs de droite qui les ont élus ont, eux aussi, envoyé un message national... ce qui est contraire à ce que souhaitait l'UMP !On rediscutera du caractère national ou pas des élections européennes: choisir une politique au niveau européen, en choisissant un parti et non pas un homme, n'est-ce pas se prononcer comme lors d'un scrutin national?

Buffalo (de l Equipe de Debattons !) 23/03/2008 13:53

-Sur l'abstention, ok.-oui bien évidemment, on voit dans chaque élection ce qu'on veut bien y trouver. Mais cela ne doit pas empêcher de critiquer ceux qui, aujourd'hui, dérapent, c'est-à-dire la gauche. Si dans un an la droite mène la campagne des européennes en nationalisant ce scrutin car revenu dans les bons papiers des sondés, je le comdamnerais tout autant.Le chiffre de Copé, associé au nombre de ministres élus ou ré-élus, montrent que si défaite de la droite il y a, rejet du gouvernement il n'y a pas !

Aurélien Royer 23/03/2008 11:15

- sur l'absetention, on est d'accord: la droite n'a pas tout fait pour mobiliser son électorat et la gauche semble se satisfaire d'une situation qui lui profite mais qui n'annonce rien de bon pour le pays;- on voit bien, une nouvelle fois, avec M. Wauquiez que les municipales sont un scrutin à enjeu local lorsque la droite est au pouvoir et que son enjeu devient national quand la gauche gouverne (en 1983) ! cette remarque étant aussi vraie pour le PS, on ne peut que déplorer la faiblesse des deux analyses citées !D'accord pour ce qui est de ta conclusion... même si mon commentaire vient bien après le second tour ! Je ne pense pas que le chiffre avancé par Copé soit pertinent: d'une part, il faudrait avoir celui des parlementaires socialistes engagés pour arriver à trouver une conclusion et, d'autre part, il est maladroit de se focaliser sur un nombre restreint d'exemples... ce qui nous intéresse, c'est la tendance générale !