Lectures (presque) dominicales

Publié le par L'Equipe de Débattons !

Il fait beau, le ciel est bleu, les oiseaux gazouillent et je suis en vacances. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes ! Ou plutôt, tout irait pour le mieux s'il n'était pas en train de pleuvoir depuis ce matin 8 heures. Mais bon, je suis toujours mieux lotis que ces lycéens qui passent leur bac. J'ai d'ailleurs une pensée émue pour eux... Mais pas trop longtemps, mon café refroidit.

Il y'a une citation de Beaumarchais que j'aime beaucoup : "Je me presse de rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer". Il a bien raison, ce brave homme, alors rions un peu ! Et lisons le journal...

Tiens, profitons de mon moment d'émotion pour se pencher sur le sort de ces bacheliers... alors.. Ah, un article sur les notes, ou plus précisément sur la façon de les attribuer.


La note de service n° 95-113 précise que le président de jury a «un rôle de décision en matière de relèvement des notes». En clair, «il ne faut pas être en­dessous de la moyenne nationale ou académique pour que notre matière continue à avoir du succès», décrypte un professeur de biologie de l'est de la France qui s'est en­tendu dire cette année par son inspecteur que «ce serait bien» que la moyenne de son paquet de cinquante copies «ne descende pas en dessous de 12 sur 20».
[...]
Depuis une dizaine d'années, les enseignants de philosophie se voient aussi «conseiller» de noter moins sévèrement les copies de terminale littéraire (L). (1)


Eh oui, que voulez vous ma pôv' Luciennne, la vie d'éudiant n'est pas facile ! (j'en suis la preuve vivante :p)
D'ailleurs, cette vie est tellement difficile que même nos auguste sénateurs se penchent sur le sujet. Ou plus exactement, ils s'interrogent (doucement) sur l'état du baccalauréat.


Parmi les interlocuteurs de votre groupe de travail, il s'en est trouvé certains pour souligner l'intérêt et la légitimité de ces consignes et d'autres qui y voyaient le témoignage d'une incitation systématique à la bienveillance. Ces derniers rappelaient souvent l'exemple des pics de réussite atteints les années où les lycéens ont manifestement suspendu leur présence aux cours ou en ont été privés par des manifestations diverses.
Votre groupe de travail a en conséquence invité chacun de ses interlocuteurs à lui transmettre les documents en sa possession qui attesteraient d'une telle invitation excessive à la bienveillance.
A une exception près, cet appel n'a eu aucune suite. (2)


Eh oui, le devoir de réserve. Ca veu dire que les membre de notre chère Education nationale ne parlent pas de leur travail, ne manifestent pas et ne font pas de politique en classe. Continuons...


Les éléments communiqués au groupe de travail [...] viennent conforter deux impressions ressenties par la plupart des enseignants :
- les barèmes de notation sont trop souvent formulés dans des termes purement positifs [...]
- les moyennes obtenues dans certaines disciplines sont quelquefois étonnantes, la distribution des notes étant en l'espèce parfaitement déséquilibrée. [très hautes](3)


Pour une surprise c'est une surprise ! Continuons notre lecture... Qu'y-t-il de neuf aujourd'hui ?
Ah, un article sur le referendum...


les Irlandais, qui ont refusé à près de 54 % de ratifier le traité de Lisbonne lors du référendum du 12 juin, pourraient être amenés à se prononcer à nouveau, positivement cette fois. Tel est l'option privilégiée par Nicolas Sarkozy et qu'il s'efforcera de favoriser lors du Conseil européen de Bruxelles, jeudi et vendredi. (4)


Ben oui, leur avis ne plait pas aux technocrates alors on recommence... Il faut dire qu'ils ne sont pas malins, ces Irlandais... Ils n'ont même pas choisi la voie parlementaire (qui eux votent bien comme il faut !)... La faute à leur constitution il parait...

Bon arrêtons là notre lecture, il n'y a vraiment pas de quoi rire.




Hesnoone



(1) http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/06/16/01016-20080616ARTFIG00283-comment-sont-corrigees-les-copies-du-baccalaureat.php

(2) Le rapport complet des sénateurs est disponible à : http://www.senat.fr/rap/r07-370/r07-370.html

(3) Idem

(4) http://www.lefigaro.fr/international/2008/06/19/01003-20080619ARTFIG00026-minitraite-sarkozy-veut-faire-revoter-l-irlande.php

Publié dans Société

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Aurélien Royer 22/06/2008 12:24

J'adore ton humour, Hesnoone. Cela fait plaisir de lire des articles aussi bien menés...Sur le fond:- le bac pose un très gros problème et sa réforme devient urgente. J'en reparlerais dans un de mes prochains articles, actualité oblige. Une simple remarque: dans l'épreuve de la discpiline que j'enseigne, les candidats avaient le choix, en histoire, entre deux dissertations assez difficiles (l'une polémique et l'autre trop vague !). S'il ne fallait évaluer que la capacité des lycéens à proposer une réponse organisée et cohérente à ces sujets, les résultats seraient assez mauvais... compte tenu de la difficulté des sujets !!Mais, pour les aider, les rédacteurs leur ont donné une liste des dates qui pouvaient être utiles dans leur démonstration. Vous n'avez pas appris votre cours? Vous ne connaissez pas les grandes dates de la seconde moitié du XXème siècle, sans lesquelles personne ne peut faire correctement de l'histoire? C'est pas grave, on vous les donne...Au final, le problème est contourné. Et les résultats nationaux montreront que nos jeunes élèves sont capables de réfléchir à des sujets importants et non moins intéressants !- je ne crois pas qu'il y ait contradiction entre l'élection de députés europhiles et le vote "Non" au dernier référendum. On peut espérer que des europhiles batissent l'Europe que l'on espère, d'autant plus que les eurosceptiques ne le feront logiquement pas ! Mais, on peut, dans le même temps, refuser l'Europe telle qu'elle se construit actuellement et signifier à nos dirigeants que l'Europe des peuples à laquelle nous aspirons n'est pas celle qu'ils bâtissent, dans leurs bureaux bruxellois !!

Jacques Heurtault 19/06/2008 17:54

Pour l'Education Nationale, plus rien ne m'étonne! Cette "institution" (ou plutôt cet Etat dans l'Etat) est littéralement bouffer par le corporatisme, lequel, compte tenu du contexte, est  habillé par la "phrase révoluitonnaire" car celle-ci est plus présentable ...Pour le réferendum irlandais, il faut bien admettre qu'il y a un problème : quand les irlandais élisent leurs députés, ils élisent massivement des partisans du OUI et de l'Europe. Très bien. Quand on leur demande leur avis, ils désavoue ceux qu'ils ont élus!