Droit et Académie française, le retour

Publié le par L'Equipe de Débattons !

Suite au débat sur la réaction de l'Académie francaise au sujet de la réforme de la Constitution, voici un "rebondissement" :


Malgré l'avis favorable du gouvernement, les sénateurs ont refusé mercredi soir d'inscrire la reconnaissance de ces langues dans la Constitution, revenant sur une disposition votée au Palais-Bourbon.

[...]Le Sénat a en effet refusé d'inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution, revenant sur une disposition votée en ce sens par les députés en première lecture au Palais-Bourbon.

Les sénateurs, par 216 voix contre 103, ont adopté, contre l'avis du gouvernement et de la commission des Lois, un amendement supprimant la référence aux langues régionales que les députés avaient ajoutée au texte initial.[...]

Le 22 mai, l'Assemblée nationale avait décidé à la quasi-unanimité d'ajouter au premier article de la Constitution une phrase stipulant que «les langues régionales appartiennent au patrimoine» de la Nation. Mais l'Académie française, dans une démarche «extrêmement rare», avait critiqué lundi la reconnaissance des langues régionales qui porte selon elle «atteinte à l'identité nationale». Elle demandait le retrait de l'article.


 

 

Hesnoone

http://www.lefigaro.fr/politique/2008/06/18/01002-20080618ARTFIG00614-langues-regionales-le-senat-contredit-l-assemblee.php

Publié dans Brèves

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Aurélien Royer 23/06/2008 16:56

C'est parce que le système est mal conçu qu'on s'y perd dans la jungle des options. Clarifier le système permettrait de donner aux élèves plus de lisibilité.Et je vous livre une réflexion que, pur hasard, mes collègues et moi avons eu ce midi à la cantine du lycée, entre deux épreuves du bac: aujourd'hui, les élèves n'y comprennent tellement rien aux options existantes qu'ils choisissent la même que le copain ou la copine, sans se soucier de sa pertinence dans la construction de leur projet professionnel. Si nos dirigeants se souciaient des vrais problèmes, ils commenceraient pas résoudre cela !Mais, ne désespérons pas. Comme je le dis sur mon blog, la réforme du lycée voulue par Sarko pourrait résoudre cette jungle... à voir !

Hesnoone 23/06/2008 11:01

Je ne suis pas convaincu que ce soit le rôle de l'Education Nationale d'apprendre aux jeunes les langues réigonales. Par contre, c'est à l'Education Nationale d'apprendre aux jeunes à lire et écrire en francais, et de leur donner une formation leur permettant de faire face aux défis du monde actuel. Je rejoins donc Aurélien sur ce sujet : que l'on apprenne aux jeunes à parler correctement dans leur langue maternelle, puis que leur ensigne correctement une autre langue - au hasard l'anglais - avant d'aller plus loin. Par contre, pour ceux ayant des facilités, pourquoi ne pas proposer ces langues en option si on le souhaite ? Même si on commence à s'y perdre un peu avec toutes ces options...

Aurélien Royer 22/06/2008 12:11

Je rebondis sur une des remarques de Buffalo, à propos de l'enseignement des langues dans l'éducation:- il serait intéressant de réfléchir à la nécessité de réformer cet apprentissage. Ne demander aux jeunes de maîtriser une seule langue étrangère, de manière convenble, plutôt que deux, de manière globalement insatisfaisante, ne serait-il pas une façon de remonter leur niveau? Et ce, en consacrant, pour cette langue étrangère, plus d'heures de cours qu'actuellement?- il se murmure que la langue des signes pourrait faire l'objet d'une épreuve facultative (autrement dit, d'une option) au lycée. Voilà qui est fort intéressant. Pourquoi ne pas en faire de même avec les langues régionales?Encore faudrait-il que le gouvernement et le ministre de l'Education se lance dans une réforme bien plus profonde du système éducatif, pour qu'il réponde aux besoins de la société. Je ne développe pas davantage, car j'aurais l'occasion d'en reparler prochainement sur mon propre blog (la publication d'articles va reprendre !).

Buffalo (de l'Equipe de Débattons !) 19/06/2008 18:48

Et qu'en est-il du breton ? Il n'aide pas les jeunes de cette région à parler avec leurs voisins transfrontaliers ! Et justement, n'est ce pas le rôle de l'Etat, par le biais de l'Education nationale de favoriser l'apprentissage de deux langues étrangères ?Après, il ne s'agit pas de mener une guerre sans merci contre les langues/cultures/identités régionales, qui a déjà été menée d'ailleurs il fut un temps. Mais ce n'est pas forcément le rôle de la Nation de le faire.On ne peut pas non plus reprocher à l'Académie française de vouloir protéger l'usage du français... en France ! C'est justement une partie de sa mission !

Victor 19/06/2008 13:29

Langues régionales : Un Sénat « HAS BEEN »
 
 
Il y a une trentaine d’année, un alsacien et un badois, un français et un allemand en l’occurrence, communiquait dans leur dialecte qu’est l’alémanique. Aujourd’hui pour communiquer avec leurs voisins allemands les jeunes de ma génération, j’ai 19 ans, ils utilisent majoritairement l’anglais. A l’heure où nous construisons l’Europe l’anglais domine. Au début des années 1990 on a inscrit le français dans la Constitution, et non pas dès son origine comme on laisse à le croire. Cela fut fait pour lutter contre l’anglicisation de langue française. Inscrire le français comme langue de la république rend inconstitutionnel les langues régionales. De fait le préfet peut faire annuler n’importe quel acte qui encourage les langues régionales. Si vous suivez ma réflexion, du fait de la lutte contre les langues régionales jusque dans les années 80, celles-ci tendent à disparaître, et obligent les basques où les niçois à s’exprimer en anglais avec leurs voisins. Le fait de ne pas reconnaître les langues régionales (alémanique par exemple) qui constituent un lien entre les nations européennes, on anglicise la France.
 
Voilà en fait l’explication de mon titre, le Sénat est « has been », il est passéiste. J’utilise un mot anglais pour montrer comment le français s’anglicise. Le Sénat en refusant l’amendement sur les langues régionales vient de montrer le côté réactionnaire du Sénat qui a un siècle de retard, il en est de même pour l’Académie française. Est-ce que la jeunesse de notre pays doit vivre dans ce passéisme ? On veut sauver la francophonie par l’intolérance linguistique. Notre jeunesse parle plusieurs langues, celle de notre nation, celle de notre voisin, celle du « business » commerce, pourquoi ne pas aussi pouvoir promouvoir les langues régionales ? De par cette intolérance le Sénat se tire une balle dans le pied !
 
Le pays des droits de l’Homme serait-il le pays de l’intolérance linguistique ? La commission mixte paritaire qui doit se réunir du fait d’un point de vu différent entre les assemblées à la question entre ses mains. Le débat est même un faux-débat puisqu’il ne s’agit pas de supprimer le français et de mettre l’administration dans les langues régionales, il s’agit de permettre de les sauver et de les promouvoir !