Et Jésus dit aux apôtres...
"Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font, donc, je pardonne à tous ceux qui m'agressent parce que d'abord je pense qu'ils me font moins de mal à moi qu'aux socialistes, qu'à toute la gauche" a déclaré ce jour Mme Royal, du Québec où elle effectue sa première sortie internationale post-présidentielle, avant d'ajouter, en réponse aux attaques à son endroit que contient le nouveau livre de M. Jospin que "je crois aussi malheureusement qu'il y a, et peut-être est-ce aussi inconscient, dans toutes ces attaques, du sexisme et à le voir à ce point aussi fort, j'en suis moi-même surprise, je pense qu'il s'apparente au racisme".Pour mémoire, Libération a sorti les bonnes feuilles de ce livre intitulé L'impasse, l'ancien premier ministre reproche, entre autre, à Mme Royal ses "improvisations", ses "propos de touriste" [à propos de ses déclarations concernant la rapidité du système judiciaire chinois], et certains gestes qu'il interprète comme des erreurs stratégiques tels que son discours jugé anti-élite et ses propositions, démagogiques (sur la sécurité ou sur la carte scolaire).
Rien dans ces attaques ne me parait sexiste. Certes, on peut juger que M. Jospin n'est peut-être pas le plus à même de juger une défaite d'un ou d'une candidat(e) socialiste à la présidentielle, mais de là à réfuter ses attaques par un simple sexisme me parait un peu léger. Il est de notoriété publique que M. Jospin et Mme Royal ne s'apprécient guère, mais doit-on être jugé phallocrate dès l'instant où l'on critique une femme ?
On peut récuser bien évidemment des critiques que porte M. Jospin : des justifiées, comme celle concernant un certain amateurisme lors de la campagne, ou bien sa volonté de se "couper" du parti dont elle est pourtant la candidate désignée, ou de celles plus discutables, par exemple lorsqu'il écoque un manque de "qualités humaines". Il est donc possible de construire une réponse argumentée point par point à ses attaques.
Pour autant, et ce n'est pas la première fois, Mme Royal a choisi de se servir de sa féminité comme bouclier. J'avoue que son habitude de porter en bandoulière sa féminité partout où elle pose un orteil comme à m'excéder quelque peu. Arrêtons de voir la féminité comme une qualité, ou comme un refuge ! Je sais que j'ai déjà publié un article sur ce thème lors de l'épisode de la "salope", mais Mme Royal m'a tellement horripilé aujourd'hui que je n'ai pas pu m'empêcher de recommencer !
La femme sera enfin l'égal de l'homme, pour de vrai, le jour où l'homme la respectera en tant que telle ET le jour où elles ne se considéront plus comme des déesses ou des victimes du fait de leur féminité !
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