Au nom du peuple français.
"dans la lutte contre le chômage, la protection des salariés dans leur emploi semble être un moyen au moins aussi pertinent que les facilités données aux employeurs pour les licencier" (1)
"il est pour le moins paradoxal d'encourager les embauches en facilitant les licenciements". (2)
Qui a bien pu dire cela ? Un économiste ? Non. Un politicien ? Pas plus. Un journalisté économique ? Que nenni.
Non, ces mots sont ceux de la cour d'appel de Paris, qui a jugé vendredi que le CNE était contraire à la convention 158 de l'Organisation internationale du travail (OIT) (3).
Oui, il semble que ces éminents juristes se soient trompé de mission, motivant une décision de justice par une analyse économique. Et, si leur compétence en matière de doit ne saurait être mise en doute, sont ils pour autant compétents en économie ? Des juges sont ils aptes à juger du caractère purement économique d'une mesure ?
A titre d'indication, dans un rapport daté du 27 juin, l'OCDE regrette
que le contrat nouvelle embauche (CNE) ne soit réservé qu'aux entreprises de moins de vingt salariés et déplorant que le contrat première embauche (CPE) n'ait pu entrer en application « après un large mouvement de protestation », l'OCDE affirme « qu'il demeure nécessaire de réformer les institutions et les pratiques rigides du marché du travail ». (4)
Mais, nos juges experts en économie ont cependant dû faire appel au droit pour compléter leur justification, nous leur en sommes gré !. Leur argument "décisif" est : le CNE est contraire à la convention 158 de l'Organisation internationale du travail (OIT) (5)
Argument imparable ?
Pas vraiment, car ce jugement contredit
un ensemble de décisions émises par les tribunaux de prud’hommes dont certains, à l’instar de celui de Roubaix le 22 juin dernier, estimaient le CNE conforme au droit international. Tout comme le Conseil d’État qui avait jugé, le 19 octobre 2005, le CNE conforme à la convention 158 de l’OIT. (6)
Donc, l'argument purement juridique est sujet à caution.
Pour conclure, le paradoxe qui semble avoir frappé ces éminents magistrats a un nom : il se nomme "flexibilité"....
La justice a-t-elle rempli son rôle où a-t-elle rendu une décision politique ?
Hesnoone
(1) http://www.lefigaro.fr/economie/20070706.WWW000000273_le_cne_une_regression_pour_la_cour_dappel_de_paris.html
(2) Idem
(3) Idem
(4) http://www.lefigaro.fr/economie/20070628.FIG000000119_les_preconisations_de_l_ocde_pour_la_france.html
(5) http://www.lefigaro.fr/economie/20070706.WWW000000800_le_cne_senlise_dans_les_sables_judiciaires.html
(6) Idem