Prélever TOTALement ?

Publié le par Buffalo (de l'Equipe de Débattons !)

C’est un sujet qui était d’ordinaire réservé à l’extrême gauche, qui dénonçait à chaque élection les « patrons du CAC 40 » coupables de bien des maux, parmi lesquels et non des moindres, le chômage et les bas salaires.

Cependant, Total est désormais mis à contribution par le Gouvernement lui-même : selon M. Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports, Total devrait être une « entreprise plus citoyenne » et faire preuve de « solidarité » avec les ménages français qui souffrent de la forte hausse des produits pétroliers. (1)
Total a par suite annoncé qu’il contribuerait à hauteur de 100 millions d’euros à la prime fioul qui dédommagera les familles les moins aisées qui utilisent ce mode de chauffage dans leur domicile. Total devrait aussi tenter de convaincre ses concurrents de participer à cette action « citoyenne », pour reprendre les mots du secrétaire d’Etat.
La gauche s’est, elle aussi, piquée de ce sujet, avec en prime la possibilité de tomber une nouvelle fois sur la plus grande entreprise française : Mme Royal exhorte le Gouvernement de bien vouloir « prélever les profits de Total, qui sont un bien collectif » afin notamment de « préparer l’après-pétrole » en investissant dans les énergies renouvelables. (2)

Je trouve ces commentaires passionnants, mais également très inquiétants :

*Je ne vais pas revenir sur la bêtise de Mme Royal, qui semble confondre entreprise privée et deniers publics. De quel droit se permet-elle d’évoquer l’argent d’autrui, en l’occurrence d’une entreprise, comme un « bien collectif » ? Le populisme permet semble-t-il de désinhiber ses pratiquants et de leur désactiver leur filtre à conneries. De plus, pourquoi une seule entreprise se verrait vampiriser par l’État afin d’assurer le renouvellement de nos sources d’énergies ? Il s’agit d’une préoccupation qui devrait tous nous atteindre, nous citoyens, nous consommateur, nous entreprises !

*Étrange aussi, les critiques visant Total car cette entreprise profitable, dont les dirigeants se « goinfrent » même, selon M. Delanoë (3), alors que l’État ponctionne plus qu’allègrement le citoyen, et-ce depuis des années, sans avoir attendu la soudaine hausse du cours du brut de ces derniers mois. Évidemment, si l’État ne prenait pas l’argent là, il le prendrait ailleurs, mais je trouve qu’il est on ne peut plus hypocrite de mettre au pilori Total pour la seule raison qu’ils se font de l’argent en vendant du pétrole !

* Il est surprenant aussi de voir l’État demander à une entreprise particulière de faire acte de solidarité avec les citoyens. Je pensais justement que la solidarité était un des devoirs de l’État, au vu de la devise qui orne nos bâtiments administratifs. Et pourquoi ne choisir que Total, ne nommer que Total ? Les autres entreprises pétrochimiques, certes, étrangères, ne gagnent pas d’argent sur le dos des Français pendant ce temps-là ? Ou alors, est-ce un désir de pénaliser Total pour d’obscures raisons vis-à-vis de ses concurrents ?

* Enfin, je tiens à préciser tout de même qu’il est indéniable de mon point de vue que d’une manière ou d’une autre, l’État va devoir faire quelque chose quant à la montée irrésistible du prix du litre d’essence. Bien sûr, nombreux sont ceux qui attendaient ce moment depuis longtemps, quand le pétrole deviendrait tellement cher que la compétitivité des autres sources d’énergies s’en trouverait de fait amélioré ! Mais attention d’une part aux répercussions sur l’activité économique, et à l’assiette des Français !




Sources :

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Publié dans Economie-Social

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H
Je n'ai rien à ajouter au commentaire d'Aurélien !
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A
De deux choses l’une :<br /> - d’une part, il est bien évident que le gouvernement et les hommes politiques, à défaut de vraies solutions, continuent de réfléchir au jour le jour. Les super-profits de Total, qui s’envolent en même temps que le prix du baril de pétrole, choquent les Français ? Prenons-en une part pour les leur redonner !<br />  <br /> - d’autre part, le manque de réflexion sur la fiscalité française est ici criant. Personne ne propose de rebâtir le dispositif fiscal français, tant sur les particuliers que sur les entreprises. Quel manque de courage !!<br /> Je remarque enfin que, dans ce dossier, l’intervention de l’Etat comme garant de la cohésion sociale est sollicité et ne semble pas choquer ceux qui sont incapables de donner une définition convenable du libéralisme : que l’Etat module l’impôt sur les sociétés et les bénéfices en fonction de ce que deviennent ces profits mériterait débat.
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J
Je suis entièrement d'accord avec vous!
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