Syndicats et retraites
Les syndicats et les retraites : deux valeurs sûres. Pourquoi n’y avais je pensé plus tôt ?
Qu’apprend-on dans cet article ?
Voyez plutôt :
« Nous assumons de A à Z la réforme de 2003, martèle Jean-Louis Malys, le secrétaire national de la CFDT en charge des retraites. C'est-à-dire que nous assumons pleinement les mesures d'harmonisation entre le public et le privé, les carrières longues et l'amélioration du minimum de pension.» […]
«Qui peut dire aujourd'hui que dans quelques années la durée de cotisation ne sera pas réévaluée ? interroge un cadre de la CFDT. C'est à chaque génération, en fonction du contexte, de déterminer cette durée. Il ne faut pas injurier l'avenir.»
La meilleure preuve en est qu'aujourd'hui, à la différence de 2003, «plus aucun syndicat, notamment FO et la CGT, ne demande que l'on revienne à trente-sept ans et demi, observe Jean-Louis Malys. Ce serait la faillite du système. Alors qu'ils nous avaient taxés de traîtrise en acceptant le passage à quarante et un ans !»
Et aujourd’hui il est évident que le système tel qu’il avait été défendu par la CGT en 2003 est voué à la faillite. Il est évident qu’il faut rénover complètement le système, la fameuse réforme de 2003 n’étant que le strict minimum complètement insuffisant.
Ceci dit, à chaque fois que l’on parle de réformer le système, on peut assister à une succession de grèves, notamment dans la SNCF, et de sondages défavorables. Il est en effet tellement facile de faire croire tout et n’importe quoi à l’opinion quant au fonctionnement de notre système de retraite que nos politiciens ne s’en privent point (bien que je pense que les agents de la fonction publique ou soi-disant assurant un service public savent à mon avis très bien pourquoi ils refusent toute réforme).
Je vous propose donc un très rapide et superficiel aperçu du fonctionnement du régime de retraite (je peux écrire quelque chose de bien plus complet mais cela risque d’être long, fastidieux et désagréable à lire – un peu comme les extrait de mon exposé que Buffalo vous inflige sans vergogne à chaque fois qu’il est à court d’inspiration :D)
Je ne vais parler ici que du régime général de retraite, i.e. celui concernant les « des salariés de l'industrie, du commerce et des services ». De plus, cela évitera de stigmatiser une certaine partie de la population ayant un système de retraite différent, par exemple les employés d’une certaine société de transport française (que je ne nommerai pas, tout au plus dirais-je que son sigle est composé de 4 lettres) qui peuvent avoir une retraite à taux plein avec 25 ans de cotisation.
Premièrement, on distingue deux catégories parmi les personnes relevant du régime général de la Sécurité sociale :
- les ouvriers, employés et agents de maîtrise de l'industrie, du commerce et des services ;
- les cadres de l'industrie, du commerce et des services.
Si ces deux catégories relèvent bien du régime général de la Sécurité sociale (CNAV) pour leur retraite de base, mais les premier relèvent du régime ARRCO pour leur retraite complémentaire alors que les second relèvent du régime ARRCO et AGIRC pour leur retraite complémentaire.
Si l’on illustre par un schéma (pas très joli mais je n’ai que paint) on a ceci :
Que payez-vous ?
Part salariale :
6,65% sur le salaire limité au plafond de la Sécurité sociale (2).
0,1% sur la totalité du salaire.
Part patronale :
8,3% sur le salaire limité au plafond de la Sécurité sociale.
1,6% sur la totalité du salaire.
Donné abruptement comme cela, c’est un peu barbare. Illustrons par un exemple.
0,1% * 3000 = 3€
6,65 % * maximum(salaire, plafond sécurité sociale) = 6,65%*2773 = 184,4 €
Total mensuel : 187,4 €
Très simple : si vous gagnez un salaire supérieur, vous cotiserez sur tout votre salaire mais on ne vous versera votre pension que sur la base du plafond… ce qui nous amène à la suite : que touche-t-on en partant à la retraite ?
La réponse est la suivante :
Salaire annuel moyen x Taux x Nombre de trimestres d'assurance / durée de référence.
Taux : de 25 à 50%, fixé en fonction de la durée d'assurance, tous régimes confondus. Le taux maximum, dit "taux plein", est de 50%.
Durée d'assurance : nombre de trimestres (cotisés ou assimilés).
En clair, si vous avez cotisé pendant 41 ans pour un montant supérieur au plafond, vous toucherez la moitié du plafond.
Il ne s’agit que de quelques éléments superficiels, je ne vais pas aborder la complémentaire (par manque de temps et par pitié pour vos yeux fatigués) et j’ai volontairement laissé de côté tous les cas particuliers. Ceci dit, il s’agit du cas de 16,6 millions de cotisants et 11,5 millions de retraités – et ces chiffres devraient vous inquiéter !
Hesnoone
(1) http://www.lefigaro.fr/retraite/2008/03/31/05004-20080331ARTFIG00249-retraites-la-cfdt-boude-l-intersyndicale-aujourd-hui.php
(2) 1er janvier 2008, son montant s'élève à 2773€
(3) Pour toute information supplémentaire voir par exemple http://www.info-retraite.fr