Le vieux serpent de mer de la proportionnelle.

Comme à chaque élection législatives, les partis, et pas seulement ceux qui sentent leurs chances de réussite assez faibles, ayant peur ne pas être du tout représentés à l’Assemblée, reposent l’éternelle question de la proportionnelle…
Grande question, cette année, le MoDem et le PC disposeront-ils de groupes parlementaires de députés ? Les premiers sondages indiquent que cela leur sera difficile. Il n’est pas totalement absurde que le Part communiste ne dispose pas d’un groupe, vu leur 1%, car sinon, pourquoi n’en auraient pas De Villiers, le LCR et tutti quanti. Huit candidats ont fait moins de 5%, souvent ils se sont trouvés aux alentours du 1%, et si chacun de leur parti devait avoir un groupe, il faudrait 160 députés issus de leur rang sur 577 ! Pour le MoDem, la situation est un peu plus compliquée, vu la séparation des centres !
On peut remarquer aussi que la question de la représentabilité de l’Assemblée s’améliore, du fait d’une certaine bipolarisation de la vie politique. Ainsi, en 2002, il y a avait quatre groupe à l’Assemblée : l’UMP, l’UDF, le PS et le PC disposaient de plus de 20 députés. Les candidats issus de leur rang avaient réunis respectivement 20%, 6%, 16% et 3,5%. Ainsi, approximativement 46% des votants à la présidentielle s’étaient vu représenter de manière importante à l’Assemblée.
Cette année, apparemment, seuls l’UMP et le PS obtiendraient donc plus de 20 députés, ce qui représente 31% + 26% soit 57% ! Il peut paraître étonnant de comparer résultats de l’élection présidentielle et couleur de l’Assemblée, mais dans notre système, c’est la présidentielle qui structure la vie politique.
En fait, le choix du système majoritaire pour les législatives s’est imposé aux rédacteurs de la Constitution pour favoriser l’émergence de majorités claires, sans qu’il y ait besoin de grande coalition « à l’italienne ». C’était une manière d’empêcher les Partis de jouer un trop grand rôle, en jouant des simulacres de sorties de coalition, en tenant négociations internes permanentes etc. Je ne pense pas que la stabilité ministérielle que nous connaissons soit une mauvaise chose, et j’en conclue que le système majoritaire doit être conservé pour les élections des députés.