Et si nous étions franc ?

Publié le par L'équipe de Débattons !

Aujourd'hui, je souhaiterais parler d'un sujet qui divise, la fameuse franchise. Pourquoi aujourd'hui ? En réaction à un débat entendu sur Europe1 et à une information, que l'on retrouve un peu partout...

Quelle est cette fameuse information ? La voici, telle qu'elle est "distribuée" par les membres du PS :

L'institution de franchises non remboursables sur les soins, l'hôpital, les examens et les médicaments conduirait à l'éclatement de l'assurance maladie solidaire. Le montant des franchises, 100 euros par personne selon le programme UMP, frapperait indistinctement l'ensemble des Français et pénaliserait très fortement les catégories populaires et moyennes.


Ce qui précède est faux. Pour le justifier, je vais me baser sur "Le magazine de l'Union" du 14.12.2006 que Buffalo m'a fort sympathiquement prêté (mais Buffalo est la gentillesse incarnée, on ne le répète jamais assez). On peut supposer que ce qui est écrit dans ce magazine reflète les intentions du parti de notre Président...

Est-ce équitable de faire payer plus celui qui est le plus malade, ce qui est le cas des forfaits qui pèsent sur chaque acte ?
[...]
Nous pensons que l'instauration d'une franchise non remboursable, [...] de quelques euros par acte de soin serait plus juste et plus responsabilisante.
[...]
Plus juste car son montant total annuel par patient serait plafonné.
[..]
La dépense qui pèse sur l'usager n'augmentera pas avec la gravité de la maladie.
[...]
Certains patients, comme les enfants ou les personnes titulaires du minimum vieillesse, seraient exonérées ou bénéficieraient d'une franchise réduite.


Comme on le voit, la franchise n'est pas du tout annoncée par ses créateurs de la même façon que par ceux qui la dénoncent, sans vraiment la connaitre soit dit en passant. Alors d'où vient ce chiffre récurrent de 100 € par personnes ?
Très simple - selon les socialistes interrogés - :
le déficit frôle les six milliards et demi d'euros, ce qui, ramené à une participation moyenne par citoyen, fait 100 euros

Qui a dit simpliste et non simple ?


Cessons la désinformation, parlons du fond. Si nous admettons la nécessité d'une réforme, celle proposée est-elle "plus juste"  que le systsème actuel ? Pourquoi ?


Hesnoone
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Publié dans Economie-Social

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A
Bien ! je vois que nous sommes d'accord siur l'essentiel: la liberté pour les médecins de prescrire ce qui convient le mieux aux patients qu'ils connaissent bien (surtout avec le dispositif du médecin traitant, qui est, aussi, une bonne chose !) est nécessaire.En revanche, la franchise doit se substituer et non s'ajouter au 1€ non remboursé, symbolique ou non, qui peut se transformer en 4 ou 5€ avec la part non remboursée de certains médicaments !
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H
Je vous remercie pour vos commentaires, il est en effet très intéressant d'avoir l'avis de personnes connaissant bien ce domaine, qui m'est relativement étranger. Je ne connais en effet du monde médical que ce que m'en disent mon médecin et ma grand mère (qui malheureusement est régulièrement à l'hôpital).Je souhaiterais soulever plusieurs points.Tout d'abord, oui, il est toujours mieux d'agir que de réagir, de prévenir que de guérir. Et, il me semble que cette politique commence à être suivie par le gouvernement. Qui n'a pas entendu qu'il faut manger au moins 5 fruits etc. ? Et, une telle politique porte ses fruit, notamment par son impact sur les enfants (vous savez, ceux qui vont payer pour le laisser-faire en matière budgétaire que le France pratique depuis presque 30 ans...). En ce qui concerne la Sécu, il y'a là un réel problème de gestion... comme dans la plupart des administrations (au hasard : l'Education Nationale). Il n'y a pas de solution miracle, mais une partie du problème est peut être que... personne n'est responsable ! Que l'on nomme un responsable des comptes - avec de réel pouvoirs - et alors peut être que des efforts seront faits...De plus, les congés maladies sont - comme le souligne Tara - l'objets de nombreux abus. Un exemple personnel : dans le lycée dans lequel ma mère enseigne, certaines classes sont en stage à partir du moi de mai. Donc, certains professeurs se retrouvent avec juste 8 ou dix heures en mai-juin... et ô, quel malencontreux hasard, ils tombent malades et sont en congé maladie !En ce qui concerne le 1€ non remboursable. Il s'agit à mon avis d'une mesure plus symbolique qu'autre chose, et honnêtement cette somme n'est pas exhorbitante. Mais elle a le mérite de rappeler à tous qu'il n'est pas forcément utile d'aller chez le médecin pour un rhume qui, pour reprendre les mots de Tara, passe tout seul en une semaine alors que sirop pour la toux ou gouttes dans le nez vous soignent en 8 jours.... En ce qui concerne les générique parfois moins efficaces qui remplacent les "classiques", il y'a là un problème. Pour reprendre les mots de mon médecin (oui, ce commentaire un une succession de "quasi-citations" ;)) : il y'a quelques années, la médecine était un art. Aujourd'hui, le médecin est fortement incité par le ministère à prescrire en fonction de resultats statistiques. N'y-a-t-il pas un problème ? Chaque patient n'est-il pas unique ? Il y'a là une tendance générale à vouloir tout quantifier, tout chiffrer, mais on oublie que la médecine est avant tout une relation humaine !Certes, il faut responsabiliser les médecins et vérifier qu'il n'y a pas de dérives, mais laissons-les libres de prescrire ce qu'ils veulent ! Ne sont-ils pas plus aptes à juger de l'efficacité d'un médicament qu'une personne qui ne sort pas de son bureau dans un ministère quelconque ?Dernière remarque, le gouvernement a bien précisé que certaines personnes devrait être "exonérés" de franchises. Cependant, une telle mesure ne peut avoir d'impact que si l'exonération est ciblée...Hesnoone
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A
C'est drôle, mais j'ai l'impression que les quelques remarques s'adressent particulièrement à moi; je vais donc y répondre.1- vos exemples sur le forfait hospitalier, le forfait sur les chaussettes, le prix du sirop.... sont très clairs et très raisonnables: je n'ai jamais contesté le forfait hospitalier pour lui-même !2- ce que je rejette, c'est l'accumulation des sommes non remboursées pour les consultations (le 1€ pour tout le monde est injuste, car il correspond au même montant quels que soient les moyens financiers des patients !) et pour les médicaments jugés inefficaces par des "experts". Je prendrais un exemple personnel. Chaque année, au début du printemps, je suis "victime" d'une rhinopharyngite allergique pour lequel mon médecin me prescrivait un médicament très efficace (environ un demi comprimé par jour !). Aujourd'hui, ce médicament étant déremboursé, il me prescris un générique légèrement moins cher mais aussi moins efficace: je dois prendre un comprimé par jour pendant une durée plus longue... je ne vois pas où est l'économie !!3- qu'une franchise soit mise en place pour les soins, d'accord! Mais à deux conditions: a- qu'elle ne s'applique pas à tous selon les mêmes conditions, c'est-à-dire qu'elle soit proportionnelle aux revenus (une personne gagnant 2000€ par mois peut plus facilement mettre 5€ par consultation qu'un SMICard, qui contribuearait à hauteur de 2€ par exemple). b- que le 1€ non remboursé soit supprimé afin que la franchise prenne le relais et non vienne s'ajouter.4- la franchise des assurances, en effet parfaitement contestable, répond à une logique capitaliste, dont l'objectif n'est autre que le profit. Cette logique doit-elle devenir celle de la Sécu?Conclusion: responsabiliser les patients, pour qu'ils connaissent le prix des soins (encore faudrait-il les en informer !), OUI ! une franchise pour procéder à cette responsabilisation, OUI ! la même pour tous, en plus de tous les dispositifs existants, NON ! Si le gouvernement répond oui à la dernière remarque, alors le mécontentement viendra vite.
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T
il me semble que responsabiliser les bénéficiaires de la sécu est une action indispensable.ce que je peux dire sur ce sujet, car je le vis régulièrement sur le terrain :- nombre de bénéficiaires de la CMU sont TOTALEMENT déresponsabilisés et vont chez le médecin pour une pecadille, prennent tous les médicaments prescrits sans chercher à savoir s'ils en ont besoin ( lors d'un renouvellement d'ordonnance, il peut n'y avoir besoin que d'une boite par exemple, lorsque le traitement est d'une et demie et qu'on en a délivré 2 boites à la première délivrance. ou bien non prise d'anti douleurs, parce que pas necessaire, etc, etc...), parce que c'est gratuit !- nombre d'assurés n'arrivent pas à intégrer certaions forfaits pourtant compréhensibles : ainsi          - le forfait hospitalier - qui correspond à ce que vous payeriez si vous étiez chez vous ( electricité, repas, lavage des draps, chauffage, eau ...)          - le forfait sur les chaussettes ou bas à varices - qui correspond, en gros à trois ou quatre paires de collants ou de chaussettes que vous acheteriez dans le commerce si vous n'aviez pas besoin de ces bas..           - le prix du sirop pour la toux ou des gouttes dans le nez qui vous soignent en 8 jours alors que le rhume passe tout seul en une semaine            - les vitamines que vous trouveriez dans les aliments si vous mangiez autre chose que des fraises tagada....Aussi, un forfait me paraît utile pour TOUS , même s'il est bien entendu qu'il doit être adapté aux moyens financiers .Néanmoins, qui critique à l'heure actuelle le forfait imposé par nombre d'assurances auto ou habitation ( appelé franchise dans ce cas )?Qui met en parallèle le prix d'un magazine ou d'un quotidien, le prix d'un paquet de cigarette, ou d'un apéritif au café du coin avec le forfait médical quelqu'il soit ?Pourquoi devrait on payer ses soins en fonction de ses revenus ?Si l'entraide doit exister, cela va de soi, il me semble que cela déresponsabilise totalement les malades.Ainsi, à partir d'un certain seuil de revenus, il faudrait payer à la fois ses soins et à la fois les soins du voisin ?Quant au voisin, il pourrait ainsi ne pas se soucier du cout de ses dépenses médicales, n'avoir aucune idée du montant de ses dépenses et encore se plaindre ?Autrefois, lorsque le tiers payant n'existait pas, les malades avaient une bonne idée du cout des traitements et faisaient attention : économie de médicaments, moins de visites inutiles, moins d'examens inutiles... Maintenant, demandez leur donc le montant de leur ordonnance ou de leur analyse, le prix de la journée en hôpital... Vous verrez le nombre capables de vous donner un chiffre exact !Enfin je rejoints le post de Orceine.Il faudrait "Reduire le coût ,gerer les dépenses de santé : le déséquilibre entre les dépenses pour les soins , et la prévention d’(un facteur 40) alors que la part de mortalité évitable par une prévention est deux fois supérieure à celle évitable par les soins."Il existe de réelles erreurs de gestion de la santé, notamment dans le secteur hospitalier, erreurs qui, si elles étaient rectifiées permettraient un pourcentage non négligeable d'économies.enfin, il faudrait une vraie carence de trois jours au moins pour tout arrêt maladie, alors que nombre de murelles pallient à celle ci en remboursant ces trois jours sans indemnité journalière.ceci permettrait peut être la fin des congès maladies qui sont plutot des congés de convenance.les professions libérales, les commerçants, les artisans ( et j'en oublie peut être ) n'ont pas droit à de telles indemnités ( sauf à payer une assurance complémentaire qui coute les yeux de la tête ). je ne pense pas qu'il y ait surmortalité dans cette catégorie de français !
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O
« La France a le meilleur système de santé au monde » OMS Salut Nicolas « Mais dire que le prix ne dépendra pas de la gravité de la maladie c'est absurde, il est évident qu'un malade grave pour lequel il faut un suivi régulier payera plus » Plus ou moins d’accord avec toi car une part des personnes gravement malades bénéficient d’une exonération du ticket modérateur(part de soin restant à la charge du malade) .En fait cela concerne les hospitalisations de longue durée,ou actes lourds,les prématurés, les femmes enceintes , et les affections de longue durée qui comprennent une trentaine de maladies comme alzheimer ,parkinson, paraplégie,sclérose en plaque,cancers,mucoviscidose…(liste complète dans le code de la sécurité sociale)Meme si ces affections de longue durée ne regroupent qu’une trentaine de maladies, cela concerne tout de meme 13% des assurés. Et dans le cadre de cette réforme, augmenter la liste de ces maladies ne doit pas être impossible . L’exonération concerne aussi les personnes ayant une pension d’invalidité ou rente d’accident du travail   « Le déficit frôle 6 ,5 Md. » C’est énorme ! mais connaissez vous les dépenses totales de santé ? 150Md   pour la consommation totale (médoc, soins, consultations, transport sanitaire, analyses de labo et petit matériel  et la prévention)  190Md si on ajoute les indemnités journalières, les subventions ,la recherche, les formations, et la gestion Tout ça pour dire qu’il ne faut pas être défaitiste. 6Md c’est beaucoup, masi on brasse aussi beaucoup d’argent  et on n’est pas à quelques années pres J  Il y a un autre aspect que l’on n’aborde pas beaucoup. Reduire le coût ,gerer les dépenses de santé : le déséquilibre entre les dépenses pour les soins , et la prévention d’(un facteur 40) alors que la part de mortalité évitable par une prévention est deux fois supérieure à celle évitable par les soins.orcéine
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