Passe ton bac d'abord !

Publié le par Hesnoone (del'équipe de Débattons !)

Cette semaine, environ 600 000 candidats vont passer le baccalauréat, bac pour les intimes. Etape importante dans la vie d'un lycéen... Mais pourquoi ?

Tout d'abord, que les candidats se rassurent : près de 93% des élèves obtiennent ce fameux diplôme en un, deux ou trois ans. Et s'ils ont de la chance, il y aura l'année prochaine quelques grèves et cours perdus. Oui, j'ai bien dit chance et non malchance : le taux de réussite est proportionnel aux journées perdues... Il suffit de regarder le taux de réussite en 2006, conséquence directe des mouvements anti CPE. Car, pour ne pas faire chuter les sacro-saintes statistiques, les examinateurs ont pour consigne de ne pas être trop sévères ! (1)

Donc, le "bac", un désastre national ?
(2)

Peut être pas, mais dans tous les cas un révélateur de la philosophie de l'Education Nationale, qui préfère brader ses diplômes plutôt que de voir la vérité en face : à cause de réformes inadaptées le niveau en France chute drastiquement. Cessons l'hypocrisie, et réagissons, n'oublions pas qu'il n'est de richesse que d'hommes !

Pour vous convaincre de la faillite de notre système scolaire, quelques faits :

- un élève sur sept quitte le CM2 sans maitriser les bases de lecture et de calcul ;
- lors d'un test de lecture organisé en 2001 par le Boston College, les élèves français sont moins biens classés que les Bulgares et les Tchèques !
- un travail universitaire dirigé par Danielle Manesse (professeur à Paris-III) montre qu'un élève de 5eme en 2005 soumis à une dictée de 83 mots (où est la page et demie que me faisait faire mon professeur de 6eme ?) a le même niveau (ou absence de niveau...) qu'un élève de CM2 en 1987 ;
- pire, d'après le Haut Conseil de de l'évaluation de l'école, l'école a amplifié les inégalités au lieu de les corriger ! (3)

Pour terminer, un exemple personel. L'une de mes cousines habite à la frontière franco-suisse. Elle souhaiterait entrer dans une école de commerce suisse après son bac. La réponse de la directrice (je cite) : le niveau de votre bac est tellement bas que vous ne serez acceptée que si vous avez mention TB. Sic.

Il est temps de réagir ! Faut-il supprimer le bac ? Non, mais il me parait urgent et nécessaire de :
1- Cesser de déconsidérer les métiers manuels et abandonner l'idée - absurde - que tous le monde doit poursuivre des études
2- Faire en sorte que le bac sanctionne un niveau, et ne soit pas accordé pour faire plaisir à quelques statisticiens et politiques
3- Revaloriser les professeurs et affirmer leur autorité. Est-il normal qu'un bac+7 soit payé à peine 2000 € ? Est-il normal qu'ils ne puissent réagir lorsqu'il se font insulter par leurs élèves ? 
4- Cesser de faire primer l'idéologie sur le bon sens : non !, l'enfant n'a pas la science infuse et oui, il doit travailler et apprendre ! Non !, un ballon n'est pas un "référentiel bondissant" !

Qu'en pensez vous ?


Hesnoone


(1) Information donnée par un enseignant en lycée.
(2) Titre du Point daté du 7.06.07
(3) Rapport complet à
http://www.debatnational.education.fr/index.php?rid=24

Publicité

Publié dans Société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
H
Honnêtement, le travail était bien plus efficace en 6eme 5eme à près de 40 qu'en Première et Terminale où j'étais dans une classe de.. 28 si ma mémoire ne me trompe pas. Non, les conditions de travail ne sont pas uniquement - principalement ? - un problème de nombre. Cependant, je reconnais qu'un nombre d'élèves plus important rend le travail du professeur plus fatigant car s'il veut "tenir" sa classe, il doit être irréprochable. Eh oui, si tout ne repose pas sur les épaules du professeur (car l'"ambiance générale" dépend de la volonté du chef d'établissement et d son équipe de CPE etc.) on n'en est pas loin !En ce qui concerne votre exemple, je suis entièrement d'accord. A ce sujet, je voudrais porter à votre attention un fait qui m'a frappé :en bac pro secrétariat comptabilité, l'art plastique (que ce mot est désagréable !) est obligatoire et compte pour le bac. Mais, la seconde langue vivante est facultative. Est-ce bien normal ?Hesnoone
Répondre
A
Parfaitement d'accord sur le fait qu'une partie du problème de l'Education nationale est à mettre à l'actif des familles... mais je ne pense pas que le travail soit très efficace à plus de 40 élèves par classe, ne serait-ce que pour ceux qui sont "à la marge", en difficulté (vous n'étiez sans doute pas dans ce cas !!). Je reste enfin persuadé que le problème d'image des métiers manuels tient à une réputation de conditions de travail pénibles, et mal rémunérées (en rapport à cette pénibilité).En ce qui concerne les options, j'évoquais ici le cas du collège, pour libérer quelques heures, au profit des matières du socle de connaissances. Je fais ainsi cette proposition à propos des matières dites artistiques: qu'au collège, la musique et l'art plastique ne soient plus obligatoires mais que l'une OU l'autre soit choisie comme option !! Les élèves assisteraient ainsi au cours qu'ils préfèrent, et les profs de ces matières feraient face à un public qui ne lui répète pas toujours "A quoi ça sert la musique, madame?" (question que supporte depuis trois ans ma mère !!)
Répondre
H
Je suis entièrement d'accord sur le fait que l'architecture de l'école doit être repensée, mais je m'interroge sur le "plus d'options". Quel diplôme a autant d'options que le bac ? Il est bien possible de passer un bac S option "Hippologie et équitation"... Alors, quelles options ajouter ? Rien à dire sur votre point 2, et il est également évident que les services d'orientations ont une efficacité... pour le moins discutable !Le manque d'attractivité des filières manuelles est-il réellement dû aux "bas salaires" ? Je n'en suis pas persuadé. En effet, combien d'artisans peuvent aujourd'hui choisir leurs travaux car il y'a pénurie de main d'oeuvre ? Combien d'artisans vont devoir fermer leur entreprise en prenant leur retraite faute de relève ? Je pense que, plus que de salaires, le problème des métiers manuels, en France, est un problème d'image.Est-il préférable d'"enseigner avec un meilleur salaire devant 35 élèves au lieu de 30" ? Je pense que l'on en revient au problème de reconnaissance des professeurs, pas uniquement en terme de salaire mais aussi d'autorité (morale). Enseigner à 35 élèves ? Oui, si ces élèves ont appris à respecter leur professeur et si celui-ci a les moyens de se faire obéir. En 6eme et 5eme, nous étions 33, les trois dernières années à plus de 40. Et dans aucune de ces classes je n'ai connu de problème d'attention ! Pourquoi ? Parce que les professeurs enseignaient "à l'ancienne" et savaient se faire respecter, par leur niveau de connaissances ou leur "pédagogie".Pour conclure sur ce point, je dirais qu'il faut rendre à l'école sa fonction première qui est d'instruire et non, comme aujourd'hui, d'éduquer (au mieux !). Et je ne pense pas que la différence soit minime et le passage du Ministère de l'Instruction publique au Ministère de l'Education nationale a été révélateur. En règle générale, l'Etat ne peut ni ne doit se substituer aux famille !Hesnoone
Répondre
A
Sans surprise je suis parfaitement d'accord avec votre article, complet et plein d'infos (celle sur le niveau des Français comparé à celui des Bulgares m'avait échappée !). Il manque à votre article les moyens pour y parvenir: en voici quelques-uns.1- je pense que l'architecture de l'école, de la 6ème au bac, doit être repensée: moins d'heures hebdomadaires, moins de vacances, plus d'options et de liens avec le monde de l'entreprise (à quoi sert le stage de cinq jours en 4ème à la SNCF? pourquoi ceux qui participent à un voyage de jumelage en sont-ils dispensés?). Le nouveau calendrier devrait permettre une augmentation du nombre d'heures enseignée sur l'année...2- la revalorisation du Bac passera par celle du brevet, qui doit sanctionner, comme je l'ai déjà dit, l'acquisition d'un socle de connaissances et de savoir-faire que tout élève doit maîtriser avant l'entrée dans le monde du travail. Le brevet serait, dès lors, la clé de voûte du système en étant le point de départ, soit d'une filière professionnelle (en alternance), soit d'une filière universitaire via le lycée.3- le système a également besoin d'un service d'orientation performant: combien d'élèves rencontrent leur conseiller d'orientation sans avoir la réponse à leurs questions? notamment pour tout ce qui concerne les filières manuelles?4- comment rendre ces filières manuelles plus attractives, si ce n'est en revalorisant les salaires? (A ce propos, l'immigration choisir, qui permettra à ses secteurs de combler leurs manques de main d'oeuvre, sans toucher aux conditions salariales des employés, n'est-elle pas une mauvaise chose?).Pensez à l'affaire Buffalo Grill en région parisienne: ce pourrait être l'objet d'un article par exemple.5- la revalorisation des carrières des enseignants et de leurs salaires est une promesse de Sarko: le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux devant se traduire par des augmentations salariales. Mais au détriment du niveau d'encadrement des élèves: enseigner avec un meilleur salaire devant 35 élèves au lieu de 3à, est-ce préférable? En tant que futur enseignant, je m'interroge...
Répondre