Constructive opposition !
- La plus bénigne, quoique, consiste au yoyo de Mme Royal au sujet de la "mémoire" d'une victime de la Shoah que le Président souhaiterait voir confier à chaque élève de CM2. Hier il s'agissait d'une idéee "qui allait dans le bon sens" car "le devoir de mémoire des crimes contre l'humanité est un impératif moral".
Aujourd'hui cependant, sans doute ce revirement n'a aucune relation avec les propos de Mme Veil, de professeurs et d'intellectuels plus que sceptiques quant à cette proposition présidentielle, elle devient une "annonce imporvisée" symptomatique d'une "étonnante légereté"
C'est à n'y rien comprendre ! Est-ce cela s'opposer ? Suivre le sens du vent !
- Deuxième point, le front commun Ségolène Royal (décidemment !), François Bayrou et Dominique de Villepin (ils figurent parmi d'autres signataires).
Selon eux, il est temps de faire exemple de "vigilance républicaine" pour faire face à une "dérive" du pouvoir présidentiel. Laïcité, pluralisme et indépendance des médias, attachement au principe républicain sont au coeur de ce manifeste.
Sure le pluralisme et l'indépendance des médias, l'attaque semble nettement moins pertinentes depuis quelques temps. On entend plus d'ailleurs Mme Royal se plaindre des sondages depuis que M. Sarkozy n'est plus si haut. Et si l'indépendance d'un média se mesurait au soutien qu'il apporte ou non à celui qui en critique l'absence ?
Sur le principe républicain, rôle des ministres, du Parlement, à qui veut on faire croire que MM. Chirac, Mitterrand, De Gaulle (et les godillots), n'ont pas tenté de diriger sans eux ? Peut-être M. Sarkozy le fait de manière plus directe, plus visible, mais la non-hypocrisie n'est pas une excuse. Sans doute me répondra-t-on que c'est plus Villepin qui prennait les décisions que Chirac sous la dernière législature, mais cela était du à deux faits, un président à bout de souffle, et des sondages qui donnaient du poids au Premier Ministre (ce qui, pour ce dernier point, se réalisera peut-être bientôt)
La France, et c'est regrettable, est depuis longtemps un mélange de république et de monarchie. Critiquer Sarkozy sur ce point, c'est attaquer tous ses prédécesseurs. Ce qui ne devrait pas l'exempter de faire changer les choses dans "le bon sens".