Le blog



Ce blog sera, pour vous comme pour nous, un lieu pour s’informer, échanger des idées et débattre le cas échéant. A l’origine, il avait été pensé comme un moyen d’opposition constructive dans le cas où Mme Royal l’aurait emporté. Il n’en fut rien !

Une nouvelle mission s’offre alors à ce blog, celle non pas de défendre coûte que coûte la personne de M. Sarkozy ou son programme, mais de tenter de faire la part des choses dans les attaques bientôt incessantes et parfois hypocrites qui seront lancées par le camp socialiste. Il s’agira de distinguer mensonges, demi-vérités et vérités.

Nous n’avons pas pour prétention d’avoir toujours raison, c’est pourquoi vos contributions seront les bienvenues !

N.B.: Pour tout commentaire, pour toute question ou suggestion, pour toute participation, une seule adresse : debattons@gmail.com


Quot capita, tot sententiæ
(Autant d'avis différents que d'hommes)
Jeudi 10 juillet 2008 4 10 /07 /Juil /2008 16:24
Le travail saisonnier a repris, et les journées sont longues, ce qui explique en très grande partie mon absence ces derniers temps. Ceci dit, je ne m'en plains pas, bien au contraire, car :
- plus les semaines sont longues plus la paie est agréable en fin de mois (et étant étudiant je suis chroniquement fauché ! :p)
- puisque j'ai été empêché de suivre l'actualité (ben oui, une fois rentré bouquin dodo !) je n'ai pas eu besoin de supporter jusqu'à la nausée l'histoire de Mme Bétencourt. Je suis ravie qu'elle ait été sauvée, mais le dire une fois le suffit, non ? Mais nos médias sont... comme ils sont.

Fermons cette petite parenthèse et... et quoi au juste ? Eh bien voyons un peu ce que j'ai manqué...


Une Ségolénade...

Mardi soir sur France 2, elle a déclenché une polémique en faisant «un rapport» entre « la mise à sac » de son appartement le vendredi et ses attaques contre Nicolas Sarkozy, parlant d'une  «étrange coïncidence» . Elle l'a répété jeudi matin sur RTL, reconnaissant qu'elle n'avait, en guise de preuve, «que cette coïncidence étrange» entre le cambriolage et «un moment politique sensible».(1)

Traduction : Mme Royal n'a aucune preuve de quelque nature que ce soit, ce qui ne l'empeche pas de sous entendre que le Président de la République française aurait utilisé les services de ladite République pour cambrioler son appartement (sans rien lui voler apparemment)

Mais que fait la police ? L'affaire est pourtant élémentaire ! Les malfaiteurs recherchaient tout simplement doute les documents confidentiels de l'état des exportations de chabichou (fromage de chèvre, NdH) en Chine (certainement la raison de l'escapade chinoise de la Présidente de la région Poitou Charentes - portant tenue de deuil - en 2007)

Plus sérieusement... Que dire ? c'est lamentable.

Changeons d'article.

Cela fait trois jours que l'appartement de Ségolène Royal a été cambriolé. En ce lundi de la fin juin, l'ex-candidate à l'élection présidentielle reçoit quelques journalistes dans ses locaux parisiens du boulevard Raspail. Officiellement, il s'agit de présenter son dernier livre, Si la gauche veut des idées, écrit avec le sociologue Alain Touraine. Officieusement, c'est aussi l'occasion d'un échange informel sur la préparation du congrès de Reims en novembre où les socialistes doivent se choisir un nouveau chef. Et puis aussi de parler de ce cambriolage, perpétré la veille de la présentation de sa contribution à la Maison de la chimie à Paris.

Ségolène Royal assure ne pas vouloir s'étaler sur le sujet. Mais se montre tout de même très prolixe, décrivant dans les moindres détails, jusqu'aux plus choquants, (2)


De pire en pire. Changeons plutôt de journal, je vais déprimer. La vie politique francaise est donc si pitoyable pour que nos journalistes se sentent obligés de parler des affabulations d'une présidente de région ?
Je parle des journaliste pour ne pas dire ce que je pense du comportement de ladite présidente. Ben oui, ma maman m'a toujours dit d'être poli. surtout quand il s'agit de madames.

Thierry Saussez, responsable de la communication interministérielle, et directeur du service d'information du gouvernement (SIG), a demandé de pouvoir dépenser 16,7 millions d'euros supplémentaires en 2009 pour des opérations de communication (3)

L'Etat a tellement d'aregnt en caisse qu'il pêut se permettre de faire de la pub' pour vanter son efficacité. Un exemple simple : les quelques (autour de 50) milliards d'euros de l'impôt sur le revenu permettent à notre Etat de rémunérer les fonctionnaires de police qui nous protègent, les professeurs de l'Education nationale sans lesquels le pays n'a pas d'avenir, ils permettent également la construction d'infrastructures sans lesquelles rien n'est possible et...

Euh, non.

Ces milliards d'euros ne permettent rien de tout cela. Ils ne permettent même pas de payer les intérêts de la dette publique de 2008 d'après plusieurs sites internet.
Vous m'objecterez avec raison qu'il ne s'agit pas de sources fiables. Alors disons que d'après le "LE BUDGET DE L’ÉTAT 2007 EN QUELQUES CHIFFRES" (disponible sur le site du Ministère de finances etc. : http://www.minefe.gouv.fr), en 2007, ces milliards permettaient soit de "payer" le déficit, soit de payer les intérêts de la dete. Pas les deux.

Par contre, cela permet de financer des campagnes de publicité. Peut être que celles ci nous diront comment au juste est employé notre argent... à part en images sur les chaines de télévision, bien sûr.

Je crois que je suis content de travailler, et de ne pas avoir le temps de lire le journal. Lire l'actualité est par trop déprimant ces derniers temps.



Hesnoone


(1) http://www.lefigaro.fr/politique/2008/07/09/01002-20080709ARTFIG00613-l-effraction-chez-royal-n-etait-pas-un-cambriolage-.php

(2) http://www.lefigaro.fr/politique/2008/07/10/01002-20080710ARTFIG00005-segolene-royal-ou-la-strategie-de-la-provocation-.php

(3) http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/07/08/thierry-saussez-veut-quadrupler-le-budget-de-la-communication-gouvernementale_1067892_823448.html
Par L'Equipe de Débattons ! - Publié dans : Politique politicienne - Communauté : Libre parole
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Lundi 30 juin 2008 1 30 /06 /Juin /2008 10:20
Le facteur est futé. Il ne pouvait choisir meilleur moment pour lancer son Nouveau Parti anticapitaliste : le PS est en pleine recherche d'identité, il hésite et s'interroge, voilà Olivier Besancenot qui vient titiller son «surmoi marxiste». [...]
Il y a les purs et les impurs, ceux qui veulent terrasser le capitalisme et ceux qui insidieusement «pactisent» avec l'ennemi. Gloire aux premiers, honte aux seconds !
(1)

Ah, le facteur... qui a les honneurs de la presse - et de l'opinion - dernièrement. J'ai appris que son nouveau parti était en bonne voie... Tiens justement :

Invité samedi du journal de France 2 pour évoquer le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), qui devrait voir officiellement le jour début janvier et dont se tenait ce week-end à La Plaine-Saint-Denis la première convention nationale (nos éditions de samedi-dimanche), Olivier Besancenot a reconnu avoir été en contact début juin avec Jean-Marc Rouillan, un ancien membre du groupe armé Action directe. (2)

Tiens, on change de sujet. Action directe, groupe terroriste des années '80 si mes souvenirs sont bons. Et Olivier leur aurait parlé ? Bah, il n'y a pas de mal car :

"Ils devaient faire 18 ans incompressibles, en l’occurence aujourd’hui ils font du rab", a-t-il déclaré à propos des ex-membres d’AD. "Ils ont purgé leur peine. La question qui se pose, pour eux comme pour beaucoup d’autres, c’est de savoir si les personnes qui ont subi une peine et qui ont vécu le système carcéral ont le droit de faire de la politique. Nous on pense que oui", a-t-il ajouté. Jean-Marc Rouillan a obtenu en décembre dernier son placement en semi-liberté après plus de vingt ans d’incarcération et travaille actuellement dans une maison d’édition marseillaise. Il avait été condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité (3)

Exactement ! Ils on fait du rab' ! Ben oui, ils ont été condamné à perpet', et qu'est ce que perpet' de nos jours, je vous le demande ! Et puis, taisez vous !, Elkabbach, et cessez de détourner la conversation ! Nous sommes ici pour parler du Nouveau Parti Anticapitaliste, NPA pour les intimes.

Alors, ce parti... En bref, ce parti sera créé pour  "fédérer les luttes, celles, par exemple, contre les centres de rétentions, l'autonomie des universités, ou encore la suppression des régimes spéciaux des cheminots".(4)

Eh oui, camarades, nous sommes contre ceci, contre cela, contre tout ! Et pour... euh... Hem. Rassurez vous, "ce parti ne sera pas trotskiste mais ouvert aux différents apports du mouvement ouvrier et des luttes d'émancipation. Par exemple, pour le féminisme ou l'écologie. Il se battra pour une transformation révolutionnaire de la société." (5)

Comme disait le Che, qui veille sur moi depuis le poster au pied de mon lit - très exactement là où ma grand mère mettait son crucifix - viva la revolucion !

Mais pourquoi un révolution est elle nécessaire ? Hommes de peu de clairvoyance, la raison est pourtant évidente !
Entré dans une crise économique, financière, énergétique, alimentaire dont nul ne peut prédire les conséquences, ce système [le système capitaliste, ndH *] met plus que jamais la seule recherche du profit au centre de ses décisions au mépris de millions de vies. Les grands équilibres écologiques sont menacés. Parce qu’il est à la source du problème, le capitalisme, comme tous les systèmes productivistes, est incapable d’y apporter une solution. Dans un monde où les inégalités se creusent, les émeutes de la faim se généralisent, conséquence de la politique des grandes puissances impérialistes, [Marchais, nous voilà !, ndH] des institutions à leur service (FMI, OMC...) et de la spéculation honteuse sur les produits de première nécessité. La guerre « sans limites » décrétée par Bush et ses alliés dont la France, étend ses horreurs à travers le monde.
(6)

Notez, camarades, que Bush, et surtout la France, sont les seuls responsables de la guerre "sans limites". D'ailleurs, comme vous le savez très certainement, le 11 septembre 2001 a été planifié et exécuté par l'armée de l'air francaise (mais c'était du temps où ils avaient  encore des avions en état de voler, et je parle d'un temps que les moins de vingt ans...).

Mais je digresse encore une fois, pardonnez moi, camarade. Je pense qu'il est temps d'arrêter. Le mot de la fin :

Pour peser dans ce sens [la généralisation des luttes et des grèves], il faut regrouper nos forces dans un parti qui ne lâche rien [traduction : qui prône l'immobilisme, ou le retour en arrière, au choix, mais qui dans tous les cas s'oppose par principe à tout mouvement, ndH], n’abandonne personne

Personne, et surtout pas le camarade syndiqué qui prend en otage un citoyen lambda ! Quant à l'infâme employé impérialiste qui a investi ses maigres économies dans la bourse afin de pouvoir compléter sa retraite le moment venu... lâchez les chiens, camarades !



Hesnoone

* ndH signifie comme vous l'aviez compris "note d'Hesnoone"

(1) http://www.lefigaro.fr/debats/2008/06/30/01005-20080630ARTFIG00304-besancenot-contre-solferino.php)
(2) http://www.lefigaro.fr/politique/2008/06/30/01002-20080630ARTFIG00266-rouillan-besancenot-la-rencontre-qui-derange.php)
(3) http://www.lcr-rouge.org/spip.php?article1976)
(4) http://www.lefigaro.fr/politique/2008/06/28/01002-20080628ARTFIG00157-le-ps-n-a-pas-eu-besoin-de-nous-pour-se-planter.php)
(5) Idem
(6) http://www.lcr-rouge.org/spip.php?article1978
Par L'Equipe de Débattons ! - Publié dans : Politique politicienne - Communauté : Libre parole
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Dimanche 29 juin 2008 7 29 /06 /Juin /2008 15:36

Et c'est Libé qui nous le dit :




C'était son tour ce matin. Après Fabius et Aubry entre autres, Ségolène Royal a présenté sa contribution pour le congrès socialiste de novembre prochain. La candidate au poste de Premier secrétaire du PS a invité les socialistes à incarner «l’espérance» face à la «déchirure» que Nicolas Sarkozy impose, selon elle, à la France, en lançant la présentation de sa contribution.

«Nicolas Sarkozy nous avait promis une forme de rupture, aujourd’hui la France subit une déchirure», a lancé l’ex-candidate à l’Elysée, devant environ 800 de ses partisans réunis à la maison de la Chimie à Paris. Elle a fustigé l’«étrange mélange entre Berlusconi et Doc Gyneco avec des montres à 50.000 euros! Non ce n’est pas la France!»


La candidate à la succession de François Hollande s’est voulue consensuelle à l’intérieur du parti: «Vous n’entendrez de ma bouche aucune chose désagréable, polémique, aucune petite phrase. Je vois les choses, je les entends, je les subis.» Elle a engagé ses militants à ne pas s’attacher «à ce que font les autres au sein du PS. Je les appelle à nous rejoindre et à se rassembler. Ils seront les bienvenus le moment venu.» Royal a également appelé «les déçus du sarkozysme, tous les démocrates» à la rejoindre.

Intitulée «Combattre et proposer», la contribution de l’ancienne candidate à la présidentielle est rythmée en sept chapitres: «combattre la mainmise du clan Sarkozy sur la France», «faire du socialisme une force neuve dans le siècle», «mettre l’économie au service de l’humain», «bâtir un état préventif qui attaque les inégalités à la racine», «repenser sans tabou la Sécurité sociale pour la sauver», «reconnaître la France métissée comme une chance» et «oser la démocratie “jusqu’au bout”».

Elle propose notamment une «révolution fiscale», avec prélèvement à la source et fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, suppression des niches fiscales, redéploiement du paquet fiscal (voté à l’été 2007 par le Parlement, ndlr). Elle s’est aussi prononcée en faveur d’un mandat unique pour les parlementaires et a appelé à «repenser sans tabou» la sécurité sociale et à «bâtir un système de retraites transparent».

Royal était notamment entourée sur l’estrade par François Rebsamen, le numéro deux du PS, Jean-Louis Bianco, son co-directeur de campagne pendant la présidentielle, le sénateur David Assouline, ou l’eurodéputé Vincent Peillon.



Sources :

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/335554.FR.php

Par Buffalo (de l''Equipe de Débattons !) - Publié dans : Réagissez ! - Communauté : Réformer la France
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Vendredi 27 juin 2008 5 27 /06 /Juin /2008 15:44

Quand M. Sarkozy a présenté les conclusions qu'il tirait du rapport Copé sur la télévision publique de demain, il en a ajouté une : le président de France Télévision, qui regroupe l'ensemble des chaines publiques, serait désormais directement nommé par le Président de la République, pour mettre fin à une "hypocrisie" selon lui.
Beaucoup sont ensuite montés au filet pour condamner cette réformette qui serait le prélude à une Sarkovision.
Cela est idiot, notamment pour les attaques venant de députés ou sénateurs de gauche qui se seraient par ailleurs déclarés opposés à la réforme des institutions, puisque le Président de la République a ajouté que cetye nomination aurait lieu qu'à la double condition que le CSA n'émetterait pas d'objection et qu'une majorité qualifiée du Parlement ne s'oppose pas non plus au nom voulu par l'exécutif à la tête de la télé publique française.
Une fois de plus, on constate que nombreux sont ceux qui n'entendent que ce qu'ils désirent entendre, afin de critiquer sans réfléchir au fond des dossiers.

Par Buffalo (de l'Equipe de Débattons !) - Publié dans : Politique politicienne - Communauté : Réformer la France
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Mardi 24 juin 2008 2 24 /06 /Juin /2008 20:17
Suite à l'intérêt soulevé par la question de l'inscription, ou non, des langues réginales dans la Constitution, je tiens à vous faire partager un article d'opinion paru dans le Figaro. Ce que l'auteur explique ici est en très grande partie mon opinion sur le sujet, que j'ai eu l'occasion d'exprimer à travers commentaires et articles.

Mis à part les commentaires, et sauf rebondissement, je ne pense pas que je republierai sur ce sujet précis.

Bonne lecture !



Hesnoone



Paul-Marie Coûteaux, député européen, voit dans le projet d'introduire les langues régionales dans la Constitution un danger de reconstruction de l'Europe sur des bases ethnolinguistiques et non plus nationales.

[...]

L'aimable question des langues régionales révèle une vérité que la plupart de ses thuriféraires cachent avec soin : en vérité, elle en masque au moins deux autres : d'une part, celle de l'unité, d'autre part, celle de l'indépendance de la nation.

Unité parce que, la France n'étant pas une donnée de nature comme l'est une île, telle la Grande-Bretagne, où une race, par exemple le «Deutschtum», elle est tout entière culturelle et politique. Le partage d'une langue, la langue française, est le plus sûr, et d'ailleurs le plus noble, lien de solidarité entre les vivants, d'une part, entre eux et leur histoire, d'autre part ; elle est en somme le vrai socle de la nation. Elle est donc une affaire d'abord politique, et l'est d'autant plus à mesure qu'elle s'affirme comme un lien d'intégration mais aussi de socialisation et on pourrait dire de civilisation dans un monde qui menace tant l'une et l'autre.

De ce point de vue, le gouvernement français s'était certainement trompé en cherchant à inclure dans la Constitution la reconnaissance des langues régionales ; encore le faisait-il non pas en modifiant l'article linguistique qui fixe que «la langue de la République est le français», mais dans son article Ier, beaucoup plus politique en ce qu'il vise les cadres de notre République, le but de la reconnaissance des langues régionales étant de contribuer à l'établissement d'une république décentralisée : à chaque territoire une langue régionale ? C'est en somme le processus espagnol que l'on reprend ici sans voir à quoi il conduit (dans certaines universités catalanes, certaines disciplines ne sont pas assurées faute de trouver des enseignants qui sachent le catalan ; et nombre d'élèves sont victimes de discrimination selon que leur famille parle chez eux catalan, certains ne comprenant rien aux cours…).

À cela s'ajoute un autre problème : les minorités linguistiques sont si nombreuses en France, 73 selon le rapport de l'ancien délégué à la Langue française, M. Cerquiligni, que leur protection serait infinie et qu'il faudrait inclure aussi des langues comme le berbère, le wolof, et plusieurs dizaines d'autres. Il est envisagé pour elles, comme elle le fait à propos du tsigane, un «territoire mère» : c'est la communautarisation de la France que l'on organiserait ainsi. Et l'on s'étonne que le gouvernement ait songé à l'inclure dans le premier article de notre Constitution qui fixe les principes de la République. Il est vrai que c'est en son nom que le Conseil constitutionnel a refusé de valider la charte européenne des langues régionales signée par M. Jospin. Est-ce pour contourner son opposition que l'on a voulu inclure cette modification ? [...]

C'est ici qu'apparaît le second enjeu : après l'unité, c'est l'indépendance nationale que beaucoup visent. La recomposition de notre continent sur une base ethnolinguistique est un moyen d'effacer lentement les États-nations, au bénéfice d'une grande Europe supranationale. [...] L'Europe organise ainsi lentement sa babélisation qui, pour nombre d'esprits bien intentionnés, n'a déjà plus qu'un remède : le recours général à l'anglais, ou plus justement à l'anglo-américain…

Le Sénat de la République a donc montré plus de sagesse que le gouvernement et l'Assemblée nationale réunis, en refusant à une large majorité (216 voix contre 103) la reconnaissance constitutionnelle des langues régionales et minoritaires. Comment pouvait-il suivre l'argument sur la protection de notre patrimoine culturel, puisqu'il eut fallu reconnaître alors chacune de ses composantes, comme la protection des cathédrales ou la vinification du sauternes ? L'intention était donc politique mais allait à contresens de ce qui est raisonnable et souhaitable : une protection de nos langues traditionnelles doit s'accompagner d'une politique hardie en faveur du français langue internationale, et d'une protection renforcée du français en France telle que la réclame à juste titre une Académie française qui s'affirme aujourd'hui, avec nos sénateurs, un des meilleurs boucliers de la République.


http://www.lefigaro.fr/debats/2008/06/24/01005-20080624ARTFIG00477-une-menace-pour-l-unite-politique-et-culturelle.php



 

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