Jeux Olympiques et boycott : une opinion
La nature fait parfois bien les choses : je récupère une connection alors que Buffalo perd la sienne. On va donc essayer de rendre le blog plus vivant que prévu ;)
Suite aux commentaires d'Antonio et d'Aurélien dans l'article précédent, j'ai été lire l'article en lien (de Jean Luc Mélenchon, sénateur PS) (1) et je souhaiterais vous en faire partager un certain nombre d'extraits et vous donner une position possible sur cette question des JO.
Commençons, de manière fort originale, par le début :
je ne suis pas d’accord avec les manifestations en faveur du boycott des jeux olympiques. Je ne suis pas d’accord avec l’opération de Robert Ménard contre les jeux olympiques de Pékin. Je ne suis pas d’accord avec la réécriture de l’histoire de la Chine à laquelle toute cette opération donne lieu. Je ne partage pas du tout l’enthousiasme béat pour le Dalaï lama ni pour le régime qu’il incarne. Pour moi, le boycott des jeux est une agression injustifiée et insultante contre le peuple chinois. Si l’on voulait mettre en cause le régime de Pékin il fallait le faire au moment du choix de Pékin pour les jeux. Il ne fallait pas permettre à la Chine d’être candidate. Il fallait le dire en Chine. Cequi se fait est une insulte gratuite et injustifiée contre les millions de Chinois qui ont voulu et préparent activement les jeux. Pour moi il flotte un relent nauséabond de racisme sur cette marmitte !
Passons sur l'accusation - à mon avis absurde - de racisme, tellement facile et courante de la part de personnes d'un certain bord politique. Après tout, c'est un moyen très facile de discréditer la thèse adverse sans entrer dans les détails, l'opinion ne pouvant soutenir quelqu'un de réputé raciste (notez le "réputé").
Par contre, le reste pourrait en grande partie être mon avis. Et ma conclusion serait la phrase suivante de l'article :
Si un boycott devait être organisé, dans une logique agressive conséquente, ce n’est pas celui du sport qui est un moment d’ouverture et de fraternisation
Maintenant les phrases chocs lancées, qui j'espère feront réagir, je souhaiterais expliciter un peu ma position.
Premièrement, il est difficile de connaitre la réalité en ne se basant que sur une unique version des faits. Qui a comparé la version des Chinois avec celle des Tibétains ? On se contente de répéter des vérités prémâchées sans chercher à voir plus loin. C'est tellement plus facile et confortable ! Mais le monde est rarement tout blanc ou tout noir.
Deuxième point qui me tient à coeur : pour moi, très clairement, il ne faudrait pas mélanger politique et Jeux Olympiques. Vous me direz que c'est très utopique et que je manque ici de pragmatisme, peut être, sans doute !, mais je ne démordrai pas de cette position. Ce qui est réel n'est pas forcément ce qui est idéal.
Conséquence directe de cette opinion : je désapprouve tout ce cirque, si vous me permettez cette expression, autour de la flamme. Tout comme je désapprouve la banderole du maire de Paris : ce n'était à mon avis qu'une pure opération de communication à destination des électeurs français. Si Paris défend vraiment les droits de l’Homme partout dans le monde, que Paris agisse ; que Paris parle de Cuba, que Paris parle de l'Iran, que Paris parle du Zimbabwe.
Beaucoup de ceux qui défendent le boycott des Jeux affirment être pour une démocratisation de la Chine. Pourtant, j'ai plutôt l'impression que leurs actions sont contre une telle évolution.
Ces Jeux sont la fierté de tout un peuple : enfin la Chine est redevenue une puisance après avoir été humiliée. Les boycotter est humilier la Chine. Humilier la Chine est humilier les Chinois, leur faire perdre la face. Concept qui est bien plus important qu'en France (où certains de nos leaders politiques ne craignent pas le ridicule : je me souviens d'une certaine candidate à la présidentielle qui a appelé au boycott. Et je me souviens de la même candidate, habillée en blanc sur la muraille de Chine qui, après avoir parlé de bravitude, a vanté les mérites de la justice chinoise...)
En boycottant ces Jeux, nous permettrons au gouvernement de jouer sur la fibre nationaliste des Chinois et s'attirer leur soutien à nouveau. En boycottant, nous ne puniront pas le gouvernement chinois mais les Chinois eux mêmes.
A ceux qui pensent au boycott, juste une question : quel aurait été le plus efficace, un boycott ou un poing levé et une tête baissée sur un podium ?
De quoi se souvient-on aujourd'hui le plus ? Du boycott par les soviétiques des JO ou du geste de Tommie Smith et de John Carlos lors des Jeux Olympiques d'été de 1968 ?
C'est en y allant et en gagnant dans l'esprit des Jeux que nous ferons avancer les causes qui nous tiennent à coeur.
Hesnoone