Justice faits divers ?

Publié le par Buffalo (de l'Equipe de Débattons !)

Que prévoit la loi discutée actuellement à l'Assemblée Nationale :  qu'une personne condamné à quinze ans de réclusion ou plus, pour des faits de pédophilie,  puisse être, après évaluation par des experts-psychiatres de son éventuel dangerosité, interné une fois sa peine achevée pour un an renouvelable (renouvelable une fois  ou sans limite, je n'ai pas trouvé  la précision, mais je pense que c'est la deuxième option) en centre "socio-médico-judiciaire".

La gauche s'offusque. Et elle a bien raison :

* Cette loi remet en cause le fait qu'une condamnation correspondent à une acte délictueux, et non pas à la  concrétisation hypothétique d'un tel acte dans le futur. La peine succède à la faute, et non pas le contraire.
*  Sur quelles bases un psychiatre pourrait préconiser la libération d'un pédophile arguant de sa non-dangerosité ? Y-en-aurait-il un seul qui pourrait nous assurer qu'il n'est plus dangereux ?
* La peine correspond à une faute. On ne peut pas augmenter indéfiniment la peine comme cela, après coup.
* Quel  effet sur le condamné, de savoir qu'après avoir compté les jours le séparant de sa libération, celle-ci est repoussée  de manière inderterminée ? Cela ne semble pas être le meilleur moyen de l'aider à se reconstruire, car un pédophile a sans conteste besoin de se reconstruire.

Publié dans Coup de gueule

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Aurélien Royer 11/01/2008 12:33

1. en effet, le projet prévoit que cette année d'enfermement soit renouvelable sans limite, jusqu'à que ces experts décident de laisser libre l'ex-condamné;2. cette décision répond à une attente populaire, comme la lourde condamnation des jeunes de Villiers-le-Bel répondait à une attente populaire. Les décisions ne sont prises qu'au regard de l'émotion suscité par le sujet dans l'opinion: c'est la gouvernance par les sondages (mais, maintenant, on a l'habitude !).3. il est tout de même vrai que la situation des personnes qui ont commis des actes de cruauté, parfois de barbarie, qui plus est sur des mineurs sans défense, est plus que problématique. Comme j'ai coutume de le dire: ce texte pose un vrai problème sans donner la meilleure des solutions.La question de savoir ce que l'Etat, qui doit garantir la protection des citoyens, doit faire face à des criminels qui n'ont éprouvé aucun remords, qui n'ont aucun projet d'avenir et qui sont de potentiels récidivistes. Cette question doit trouver une réponse: les associations et structures d'aide à la réinsertion sont des outils que nous gagnerions à développer.4. ce projet montre que l'idée de peine-plancher pour les récidivistes était plus qu'insuffisantes. Le gouvernement a voulu s'attaquer au deuxième acte de délinquance. Et, comme je le disais au moment du débat sur ce thème, il aurait été plus judicieux de travailler sur la non-récidive plutôt que de l'attendre pour la sanctionner plus dûrement. Le gouvernement (et Sarko?) a fini par le comprendre... ce qui, au passage, donne raison à Ségolène Royal !