Retour en 1995 ?

Publié le par Buffalo (de l Equipe de Débattons !)

Les grèves d'aujourd'hui vont-elles débouchées sur une situation similaire à celle de 1995, lorsque le gouvernement Juppé avait voulu reformer les régimes spéciaux de retraite ? Les grèvistes, ayant bloqué totalement le pays, avait fait reculer le pouvoir politique, et ce dernier s'en était jamais réellement remis. Aucun des gouvernements suivants n'a osé y revenir depuis.

A l'époque, la réforme avait été considérée comme une regression ; l'opinion publique, salariés du secteur privé inclus, y avait été opposé.

Aujourd'hui, certains voient encore dans cette loi un recul des acquis sociaux, mais l'idée que ces régimes spéciaux, ces privilèges accordés au nom de l'histoire soient iniques s'est installée plus en profondeur dans les esprits.
De plus, M. Sarkozy, comme M. Bayrou et de manière moins franche Mme Royal avait évoqué cette réforme dans leurs programme en avril dernier, personne ne peut donc parler de serrage de vis caché, fait en catimini.
Et cet honnêteté paye surement aujourd'hui dans l'opinion publique.

Nicolas Sarkozy ne peut reculer. Ce serait remettre en cause l'intégralité de son mandat. Rupture, réformes, engagement sur des résultats, tout cela n'aurait plus de sens. Sa crédibilité serait profondément atteinte. Comment pourrait-il réformer le régime général l'an prochain ?
Il ne reculera donc pas. La France ne peut de toute façon pas se le permettre.

Les syndicats le savent ; ils se doivent pourtant de se montrer : quelques points, quelques dispositions peuvent encore être négociés. Et puis sait-on jamais, si la mobilisation se poursuivait après aujourd'hui ? Le blocage est toujours possible. Cependant, certains ont déjà récusé l'idée d'un préavis de grève étendu au-delà de ce jeudi -même si cela s'est parfois fait localement au sein de la CGT. Il s'agit plus certainement d'un baroud d'honneur. De mesurer leur influence puisqu'il s'agit du premier test social de la présidence Sarkozy.

Ce n'est pas une semaine noire pour le gouvernement, comme le prétendait M. Cambadélis hier. Il ne s'agit que d'une phase de test. Plus que le nombre de grêvistes qui sera annocé aujourd'hui, c'est l'après qui comptera : pédagogie du gouvernement (ne pas renouveler les erreurs de M. Villepin lors du CPE), maintien de la mobilisation...

Publié dans Economie-Social

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Jacques Heurtault 18/10/2007 19:32

On nenégocie pas sur des principes! On négocie sur les modalités d'application des principes ... Par exemple, sur l'étalement des renues sur salaires suite à une grève prolongée. Pas sur la retenue elle-même.